Lors d’une conférence de presse tenue le 1er avril à Libreville, Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et président d’Ensemble pour le Gabon, a abordé plusieurs dossiers sensibles, y compris le code de la nationalité. Entouré de responsables politiques alliés, il a inscrit son intervention dans une logique de responsabilité et de clarté. «Il y a dans ce pays des hommes et des femmes ancrés dans une opposition franche», a-t-il déclaré, invitant les citoyens à «garder confiance».
Son propos s’est articulé autour de quatre axes majeurs : l’amnistie liée aux événements du 30 août 2023, les marchés publics de gré à gré, la question de l’île Mbanié et le nouveau Code de la nationalité.
«Qui est concerné par l’amnistie ?»
Sur l’amnistie, l’ancien chef du gouvernement a exigé la publication de la liste complète des bénéficiaires. «Qu’on sache dès à présent qui est concerné», a-t-il insisté, dénonçant le risque d’«une forme d’amnistie à la carte». Il a souligné que la transparence est indispensable pour éviter toute suspicion de favoritisme, appelant à inclure civils et militaires dans cette clarification.
Marchés publics et gouvernance en question
Dans la continuité, il a critiqué le recours massif aux marchés publics attribués sans appel d’offres. «On nous a promis la transparence», a-t-il rappelé, pointant une contradiction entre les engagements affichés et les pratiques observées. Selon lui, «le gré à gré signifie qu’on a donné à des amis», sans garanties suffisantes.
Il a réclamé la publication des entreprises concernées, de leurs actionnaires et des bénéficiaires finaux, estimant que cette opacité fragilise la confiance publique.
Mbanié : appel à des clarifications
Concernant l’île Mbanié, Bilie-By-Nze a dénoncé le silence des autorités. «L’opinion publique doit savoir qu’il s’agit d’un territoire national», a-t-il affirmé, demandant des explications sur la position du gouvernement face aux décisions internationales.
Il a interrogé les intentions officielles : «Est-ce qu’ils entendent céder Mbanié ?», appelant à éviter toute gestion opaque d’un sujet lié à la souveraineté.
Nationalité : «une arme politique»
Enfin, il a vivement critiqué le nouveau Code de la nationalité. Il a dénoncé une réforme «imposée par ordonnance» et jugée porteuse d’inégalités. «Un bon Gabonais pour prendre des balles doit pouvoir être un bon Gabonais pour diriger l’opération», a-t-il lancé.
Il a également mis en garde contre «le pouvoir donné au chef de l’État de retirer la nationalité», qu’il qualifie «d’arme politique».
Appelant à «réécrire ce Code», il a conclu : «le Gabon n’appartient à personne, sinon à ceux qui l’habitent, le portent et le défendent».


























