Libreville, 22 mars 2026 — Il y a des lignes que les partis d’opposition tracent dans le sable et que leurs membres franchissent à leurs risques et périls. Annie Léa Meyé M’Obame vient d’en faire l’expérience. Le président d’Ensemble pour le Gabon (EPG), Alain-Claude Bilie By Nze, a publié un communiqué sanctionnant sévèrement cette cadre de son parti pour avoir participé, le 19 mars 2026, à la réunion de la classe politique convoquée au palais présidentiel par le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema — et ce, sans l’aval de la direction du parti. Un acte d’indépendance aussitôt qualifié d’initiative individuelle et immédiatement puni.
Mise en retrait immédiate et procédure disciplinaire : l’EPG frappe fort
Le communiqué de l’EPG, lu par l’un de ses porte-paroles, ne laisse aucune place à l’interprétation. « Le parti se désolidarise formellement de cette initiative individuelle. Il a par ailleurs été décidé de la mise en retrait immédiate de Madame Annie Léa Meyé M’Obame de toute activité liée au parti », martèle le texte. Et pour ne laisser aucun doute sur la détermination de la direction, l’EPG précise qu’« une procédure disciplinaire a été engagée à son encontre conformément aux dispositions statutaires en vigueur ». Un double coup de semonce qui rappelle, sans ambiguïté, que dans ce parti, le dialogue avec le pouvoir n’est pas une décision individuelle.
Une réunion à laquelle d’autres opposants avaient pourtant participé
Ce qui rend la sanction d’autant plus significative, c’est que la réunion du 19 mars n’était pas une initiative marginale. Plusieurs figures de l’opposition y avaient participé, parmi lesquelles Pierre Claver Maganga Moussavou, Séraphin Ndaot Rembogot et le Dr Victor Mouang Mbading. La rencontre au palais présidentiel s’était ensuite prolongée par une visite guidée des chantiers structurants du pouvoir : la Cité de la Démocratie, ses grands palais de conférences et ses résidences pour hôtes de marque, ainsi que le complexe administratif Émeraude. Une séquence que l’EPG n’a pas hésité à qualifier de simple opération de communication, loin des préoccupations réelles des populations.
L’EPG campe dans l’opposition et tient ses troupes
Pour l’EPG, cette rencontre n’était ni plus ni moins qu’une vitrine politique sans substance, bien éloignée des réalités auxquelles font face les Gabonais au quotidien : difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité, pauvreté endémique, chômage et vie chère. En sanctionnant Annie Léa Meyé M’Obame, Bilie By Nze envoie un message clair à ses troupes et à l’opinion : l’EPG ne participera pas à ce qu’il considère comme une mise en scène du pouvoir, et quiconque franchit cette ligne le fait à titre strictement personnel, et en assume seul les conséquences.

























