Il y a des vérités qui arrivent trop tard pour sauver une vie, mais juste à temps pour sauver un honneur. Au Lycée national Léon Mba, l’enquête sur le suicide du jeune Marc Steeven Mombo vient de basculer dans une direction que personne n’osait anticiper. Une parole courageuse, portée par une condisciple, a fait voler en éclats le récit initial et rouvert une blessure collective encore à vif.
Marc Steeven Mombo, élève de 1ère S6, a mis fin à ses jours sur la passerelle de son établissement. Son geste désespéré faisait suite à des accusations de trafic de stupéfiants qui avaient entaché sa réputation et déclenché l’engrenage fatal d’une convocation administrative. Mais aujourd’hui, ce château de cartes s’effondre sur lui-même. Car la vérité, longtemps enfouie sous la peur et la lâcheté, a fini par remonter à la surface.
C’est lors d’une visite terrain de Camélia Ntoutoume-Leclercq, ministre de l’Éducation nationale, qu’une élève de sa classe a brisé le silence devant le membre du gouvernement. Son témoignage est un coup de massue : Marc Steeven Mombo n’était pas un dealer. Il était une cible. Une condisciple consommatrice de stupéfiants, cherchant à protéger son véritable fournisseur et redoutant ses représailles, aurait délibérément choisi de sacrifier un innocent sur l’autel de sa propre peur. « Elle a accusé notre ami Marc Steeven parce qu’elle l’a vu comme une cible facile », a confié le témoin, la voix chargée d’un mélange de honte et de colère.
Ce qui rend ce drame encore plus déchirant, c’est le portrait qui émerge du jeune homme. Marc Steeven Mombo n’était pas seulement victime d’une calomnie. Il portait déjà, depuis le début de l’année scolaire, le poids invisible d’une dépression profonde et de turbulences familiales douloureuses. Fragilisé de l’intérieur, il s’est retrouvé broyé par une machine administrative qui, selon un autre élève, l’aurait inscrit sur une liste rouge avant même toute vérification sérieuse. La convocation du Proviseur et la menace d’une procédure judiciaire imminente ont alors joué le rôle de la goutte qui fait déborder un vase déjà plein à ras bord.
Pour sa famille, qui n’a jamais cessé de clamer son innocence, ces révélations sont à la fois une réhabilitation et un couteau planté plus profond dans la plaie. L’honneur est restauré, certes. Mais aucune vérité tardive ne rendra ce fils, ce camarade, cet élève prometteur à ceux qui l’aimaient.
Désormais, la question judiciaire se pose avec une acuité tranchante. Une action en justice contre la fausse accusatrice devient envisageable. L’administration scolaire, présente lors des révélations et n’ayant formulé aucune réserve, devra également rendre des comptes sur sa gestion précipitée du dossier.
Marc Steeven Mombo méritait mieux qu’une liste rouge et un silence coupable. Il méritait qu’on cherche la vérité avant qu’il ne soit trop tard.

























