Libreville, 13 mars 2026 — Il y a des paroles qui valent mieux que mille traités. Celles prononcées sur le plateau de Nour TV par l’imam Benyamine Andjoua Obolo sonnent comme une main tendue au-dessus d’un fossé longtemps creusé par les querelles internes. « Nous devons nous réunir auprès de notre chef Abdu Razzaq Guy Kambogo et que demain soit meilleur qu’aujourd’hui », a-t-il déclaré, brisant le silence d’une opposition qu’il incarnait jadis. Un retournement historique au sein de la Communauté musulmane du Gabon (CMG), longtemps gangrénée par une crise de leadership qui avait fissuré son unité de l’intérieur.
Du camp adverse au soutien affiché : un signal fort pour la communauté
Ce qui rend ce message particulièrement fort, c’est l’identité de celui qui le porte. Hier figure de proue de la contestation interne, l’imam Andjoua Obolo choisit aujourd’hui de déposer les armes de la discorde pour embrasser la voie du dialogue. « Quelle que soit ce qu’on peut revendiquer, faisons-le avec la manière », a-t-il exhorté ses frères dissidents, appelant au respect de l’autorité et à la primauté de l’intérêt collectif sur les ambitions individuelles. Une leçon de sagesse politique autant que spirituelle, qui place l’unité de la communauté au-dessus de toute autre considération.
Un plan d’action, un fonds social et une clinique : la CMG se dote d’une vision
Au-delà des symboles, l’imam a salué les initiatives concrètes engagées par Abdu Razzaq Guy Kambogo à la tête de la CMG. Deux instruments structurants ont été présentés comme les piliers d’un nouveau souffle : un plan d’action stratégique et le Fonds islamique d’actions sociales (FIAS), dont la mission est de financer la formation des jeunes, l’emploi, l’autosuffisance alimentaire et les actions sociales. L’imam Andjoua Obolo a lui-même été porté à la tête de ce fonds, consacrant sa conversion d’opposant en acteur central de la renaissance communautaire. Parmi les projets phares déjà identifiés figure la construction de la première clinique du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon à Port-Gentil, un chantier symbolique autant que concret.
La CMG entend également accompagner les orientations nationales portées par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui s’est lui-même illustré comme médiateur dans ce processus de réconciliation. Quand la foi retrouve son unité, c’est tout un pays qui gagne en cohésion.


























