À l’heure où la création musicale gabonaise connaît un essor remarquable, une question demeure en suspens : les artistes vivent‑ils réellement de leurs œuvres ? C’est autour de cette problématique centrale que se tiendront, le 14 mars prochain au siège du Bugada à Libreville, les Grandes rencontres de la musique, un rendez‑vous présenté comme un moment de vérité pour l’ensemble de la filière.
Malgré la multiplication des plateformes de diffusion, des concerts et des initiatives culturelles, de nombreux artistes continuent de dénoncer la faiblesse, voire l’absence, de revenus issus de l’exploitation de leurs créations. Les mécanismes de collecte, de redistribution et de protection juridique restent souvent mal compris, insuffisamment appliqués ou tout simplement inadaptés aux réalités actuelles.
Cette rencontre ambitionne donc de mettre cartes sur table. Auteurs, compositeurs, interprètes, producteurs, promoteurs culturels et institutions publiques sont invités à analyser ensemble les failles du système et à proposer des solutions concrètes.
Au cœur des discussions : la protection effective des œuvres dans un environnement numérique en constante évolution, la transparence dans la gestion des droits, la structuration durable des organismes chargés de la collecte, la responsabilisation des promoteurs et diffuseurs, et la nécessité pour les artistes eux‑mêmes de mieux maîtriser les outils juridiques qui encadrent leur métier.
Car la question dépasse largement le cadre administratif. Elle touche à la dignité professionnelle des créateurs, à la viabilité économique de la filière et, plus largement, à la valorisation du patrimoine culturel gabonais par les droits d’auteur..
Ces assises ne se veulent pas seulement un espace de diagnostic. Elles entendent provoquer une prise de conscience. Les artistes sont invités à s’approprier leurs droits. Les promoteurs et diffuseurs sont appelés à respecter leurs obligations. Les autorités, quant à elles, sont interpellées sur la nécessité de renforcer les cadres législatifs et les moyens de contrôle.
Dans un pays où la musique occupe une place essentielle dans la vie sociale et identitaire, la question est simple : le Gabon peut‑il continuer à célébrer ses artistes sans garantir la juste rémunération de leur travail via les droits d’auteur ?
Le 14 mars pourrait bien marquer un tournant. Reste à savoir si les engagements annoncés se transformeront en actions concrètes pour bâtir un écosystème musical plus juste, plus transparent et véritablement durable.











































