Le Gabon se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins lorsqu’il menace de résilier le contrat de 113 millions d’euros (74,1 milliards FCFA) confié à l’entreprise indienne Afcons Infrastructure pour la réhabilitation d’axes routiers stratégiques. Cette décision n’est pas purement technique : elle revêt une dimension stratégique susceptible d’influencer la perception internationale du pays et son attractivité pour les investisseurs. Cet article est tiré de Direct Infos Gabon.
Retards et désaccord sur l’avancement des travaux
Selon les autorités gabonaises, le non-respect des chronogrammes d’exécution et de livraison constitue une violation grave du contrat. Les délais ont été largement dépassés et l’état d’avancement ne justifierait pas la poursuite du partenariat avec un prestataire qui aurait atteint seulement 7 % de l’achèvement global des travaux.
Afcons, de son côté, affirme avoir réalisé plus de 93 % des travaux prévus. L’entreprise soutient que les retards sont dus à des circonstances extérieures, notamment des conditions climatiques difficiles et des approvisionnements en matériaux retardés, plutôt qu’à un manque de volonté ou de compétence.
Risque de retards supplémentaires et surcoûts
Remplacer un prestataire à un stade où seulement 7 % des travaux restent à livrer risque d’augmenter le délai total du projet. Le temps supplémentaire pourrait entraîner des coûts additionnels et compromettre la mise en service des routes essentielles pour le commerce et les déplacements quotidiens au Gabon.
Risques juridiques et financiers
La résiliation anticipée expose le Gabon à d’éventuelles procédures d’arbitrage international et à des demandes d’indemnisation d’Afcons Infrastructure. Les coûts associés à ces litiges pourraient dépasser les économies potentielles réalisées en mettant fin au contrat.
Image internationale et attractivité
La stabilité contractuelle constitue un critère clé pour les investisseurs étrangers. Un différend public avec un acteur international du secteur des infrastructures peut ternir l’image du Gabon comme destination fiable pour les projets routiers et les investissements structurants.
Quelles solutions pour sortir de la crise ?
L’issue de ce différend dépendra de la capacité des deux parties à s’accorder sur un calendrier réaliste pour les travaux restants. Une solution pragmatique pourrait consister à :
Établir un plan de travail détaillé avec des jalons clairs et une pénalité proportionnelle aux retards.
Mettre en place une commission conjointe indépendante pour surveiller l’avancement et résoudre rapidement les désaccords.
Envisager une phase de transition où Afcons continue les travaux pendant que le gouvernement engage un second prestataire pour les segments critiques afin d’éviter toute interruption majeure.
Au-delà des routes, cette affaire met en lumière un enjeu plus vaste : la confiance dans la gouvernance contractuelle gabonaise. Le gouvernement doit équilibrer la nécessité d’assurer la livraison rapide et efficace des infrastructures nationales avec la prudence indispensable pour éviter des litiges coûteux et préserver son image auprès d’un public international attentif aux pratiques commerciales transparentes et fiables.
Dans cette perspective, une approche collaborative, même si elle implique des concessions temporaires, apparaît comme la stratégie la plus appropriée pour garantir que les voies gabonaises restent ouvertes au développement économique tout en protégeant l’intégrité financière du pays.


























