L’audience accordée par le ministre du Logement, de l’habitat, de l’urbanisme et du cadastre, Mays Mouissi, au directeur administratif et financier de KASIO construction Téodoro Essono, accompagné du sénateur Jean-Christophe Owono Nguema d’Oyem, dépasse le simple cadre d’une rencontre protocolaire. Elle illustre un enjeu beaucoup plus vaste : la capacité du Gabon à transformer ses ambitions en matière de logement social en réalisations concrètes et durables.
Le projet d’extension de la ville d’Oyem, chef-lieu du Woleu-Ntem, apparaît comme un véritable laboratoire de la politique urbaine nationale. La construction d’une dizaine de maisons témoins prouve la faisabilité technique et l’engagement des promoteurs. Mais ces premières avancées ne suffisent pas à masquer les difficultés structurelles : contraintes financières, lourdeurs administratives et obstacles logistiques freinent la dynamique. Ces blocages révèlent une problématique récurrente dans les projets publics au Gabon : l’écart entre la volonté politique affichée et les moyens réellement mobilisés.
En réaffirmant l’importance stratégique de ce chantier, Mays Mouissi inscrit l’initiative dans la vision de modernisation urbaine impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. L’extension d’Oyem ne doit pas être perçue comme un projet isolé, mais comme une étape clé dans la redéfinition du modèle de développement des villes de l’intérieur. Elle vise à répondre à une double exigence : améliorer le cadre de vie des populations locales et renforcer l’attractivité économique d’une province longtemps marginalisée.
Pour que cette ambition se concrétise, l’État devra assumer pleinement son rôle d’accompagnateur. Sans un soutien financier accru, une simplification des procédures et une meilleure coordination institutionnelle, le risque est grand de voir ce projet s’enliser. L’extension d’Oyem devient ainsi un test grandeur nature : si elle réussit, elle pourra servir de modèle reproductible dans d’autres régions du pays. Si elle échoue, elle illustrera une fois de plus les limites d’une politique urbaine trop souvent prisonnière de ses contradictions.
Ce chantier symbolise bien plus qu’une opération immobilière. Il incarne la volonté de rééquilibrer le développement territorial du Gabon et de donner aux villes de l’intérieur les moyens de devenir des pôles modernes, dynamiques et inclusifs.

























