Le gouvernement a réuni le mercredi 21 janvier 2026 à Libreville les représentants des 104 partis légalement reconnus pour leur rappeler une exigence devenue urgente : l’application stricte de la loi n°16/2025 relative aux partis politiques. À mi-parcours du délai transitoire fixé par le texte, le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, fraîchement nommé, a insisté sur la nécessité de disposer d’interlocuteurs crédibles pour le dialogue politique et la consolidation de la vie démocratique.
Selon lui, aucun parti n’a encore déposé de dossier conforme aux nouvelles dispositions. Une situation préoccupante qui fragilise la transparence et l’organisation du paysage politique. “C’est justement la raison de notre réunion”, a-t-il martelé, rappelant que la loi, votée en juin dernier, encadre désormais cinq volets essentiels : la création des partis, la conservation de leur statut légal, leur fonctionnement interne, leur financement et les procédures de suspension ou de dissolution.
Le texte impose des obligations concrètes : disposer d’un siège social, ouvrir un compte bancaire au nom du parti, tenir une comptabilité régulière, assurer le fonctionnement effectif des instances statutaires et présenter des candidatures aux prochaines élections. Autant de conditions qui visent à professionnaliser la vie politique et à mettre fin aux formationsļ fantômes.
François Ndong Obiang, ministre de la Réforme et des relations avec les institutions, a renchéri en soulignant que “nous sommes à la moitié des délais requis”. Il a exhorté les partis à anticiper plutôt que d’attendre la dernière minute, afin d’éviter une course contre la montre en mai et juin prochains.
Si certains responsables des partis politiques dénoncent une “mauvaise loi” et espèrent son abrogation, la majorité reconnaît qu’il faudra s’y conformer. Benoît Mouity Nzamba du PGP a exprimé ses réserves, tandis que Jean Christian Manfoumbi, président du mouvement Orange, a rappelé que “la loi doit être appliquée dans toute sa rigueur”, notamment en matière de financement.
Au-delà des critiques, le message du gouvernement est clair : la réforme ne se discute pas, elle s’applique. Les partis politiques ont désormais quelques mois pour prouver leur sérieux et leur capacité à s’inscrire dans un cadre institutionnel modernisé. Faute de quoi, leur légitimité pourrait être remise en cause, et avec elle, leur place dans le jeu démocratique gabonais.

























