Ce mardi 13 janvier 2026 marque une étape décisive dans la transformation structurelle de l’action publique gabonaise. Sous l’autorité conjointe des ministres en charge de l’économie, des finances et de l’économie numérique, une rencontre stratégique de haut niveau s’est tenue autour d’un enjeu central : faire de la digitalisation un levier de performance, de transparence et de croissance économique durable.
Loin d’un simple exercice de coordination administrative, cette réunion s’inscrit dans une volonté affirmée de refonder les mécanismes de gestion publique, longtemps éprouvés par les lourdeurs procédurales, les cloisonnements institutionnels et les inefficiences systémiques. Il s’agit désormais de passer d’un État gestionnaire à un État stratège, appuyé par des outils numériques robustes et interopérables.
Au cœur des échanges figurait le système Intégré de gestion des finances oubliques (SIGFIP), appelé à devenir la colonne vertébrale de la gouvernance budgétaire et financière de l’État. Ce dispositif vise une traçabilité complète de la chaîne de la dépense publique, depuis l’engagement jusqu’au paiement, garantissant à la fois rigueur budgétaire, célérité administrative et lutte renforcée contre les dérives.
Les ministres ont également examiné le projet MADIGIPAIE, pierre angulaire du paiement électronique des services publics. À travers cette réforme, l’État ambitionne de sécuriser les transactions, d’améliorer la collecte des recettes et de simplifier l’expérience des usagers, en mettant fin aux circuits opaques et aux manipulations manuelles qui fragilisent la confiance publique.
Autre chantier structurant : le fichier unique de participation (FUP), conçu pour offrir une cartographie fiable et consolidée des participations de l’État. Cet outil stratégique permettra une meilleure gouvernance des entreprises publiques et parapubliques, condition indispensable à la rationalisation du portefeuille de l’État et à la restauration de sa crédibilité économique.
Les discussions ont également porté sur la prorogation du prêt Gabon Digital, le règlement de la contrepartie gabonaise du projet e-Gabon, ainsi que sur la mise en œuvre effective de la facture électronique, véritable rupture dans la modernisation des relations entre l’administration fiscale et les opérateurs économiques.
Enfin, la perspective de la mise en place d’une plateforme nationale de paiement et de collecte des recettes publiques consacre une vision intégrée de la digitalisation : celle d’un État capable de centraliser, sécuriser et optimiser ses ressources, tout en améliorant la qualité du service rendu au citoyen.
À l’issue de cette rencontre, les membres du gouvernement ont réaffirmé leur détermination à conduire ces réformes jusqu’à leur aboutissement effectif, conscients que la transformation numérique n’est ni un slogan ni une option, mais une nécessité stratégique pour la compétitivité de l’économie nationale et la crédibilité de l’action publique. Des réunions de suivi régulières seront instituées afin d’assurer la cohérence, la continuité et la célérité de ces chantiers structurants.
À travers cette dynamique, le Gabon affirme sa volonté de bâtir une administration moderne, transparente et performante, capable d’accompagner les mutations économiques et sociales du XXIᵉ siècle.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné :
« On ne traverse pas la rivière avec les outils d’hier ; celui qui veut avancer doit accepter de changer de pirogue. »

























