L’antenne du Samu Social d’Oyem a cessé ses activités ce lundi, plongeant la capitale du Woleu-Ntem dans une crise sanitaire et sociale préoccupante. Les raisons avancées salaires impayés et irrégularités administratives révèlent un malaise profond dans la gestion de cette structure censée incarner la solidarité médicale auprès des plus vulnérables.
Selon plusieurs sources internes, les employés permanents du SAMU social d’Oyem réclament depuis des mois la régularisation de leurs situations administratives et le paiement de leurs salaires. Faute de réponse, la fermeture est apparue comme inévitable. Cette paralysie met en lumière un problème récurrent dans les services publics gabonais : la fragilité financière et l’absence de suivi institutionnel.
Au cœur de la tempête, le chef d’antenne, M. Nguema Assoko Guy, chauffeur-ambulancier de formation, est accusé de s’improviser médecin en consultant des patients. Une pratique jugée dangereuse et dénoncée par plusieurs observateurs comme une « mise en danger de la vie d’autrui ». La nomination d’un profil non médical à la tête d’une structure sanitaire interroge sur les critères de gouvernance et sur la transparence des choix opérés par la hiérarchie.
Dans une ville où de nombreux jeunes diplômés en médecine sont au chômage, voir un chauffeur occuper un poste aussi stratégique suscite colère et incompréhension. Les habitants dénoncent un « bricolage institutionnel » qui prive la population d’un service vital. Certains réclament que Nguema Assoko soit entendu par les autorités compétentes, tandis que d’autres pointent du doigt une gestion opaque où les problèmes ne sont pas clairement remontés à la hiérarchie.
La fermeture du Samu Social d’Oyem illustre une double crise :
Institutionnelle, avec une administration incapable de garantir la stabilité financière et organisationnelle de ses agents.
Éthique, avec une direction contestée qui fragilise la crédibilité de l’ensemble du dispositif.
Au-delà du cas du Samu Social d’Oyem, cette situation pose une question nationale : comment assurer la pérennité et la fiabilité des structures sociales et médicales au Gabon, alors qu’elles représentent souvent le dernier recours pour les populations défavorisées ?
La crise actuelle est un signal d’alarme. Elle appelle à une réforme urgente de la gouvernance sanitaire, à une meilleure transparence dans les nominations et à une implication réelle des autorités pour garantir un service digne et sécurisé. Sans cela, le Samu Social risque de perdre son essence : être un outil de proximité au service des plus fragiles.

























