Le couperet est tombé pour les Panthères. Battu par le Mozambique (2-3) lors de la deuxième journée de la phase de groupes, le Gabon a vu ses derniers espoirs s’envoler après le nul entre la Côte d’Ivoire et le Cameroun, y compris la présence de son capitaine Aubameyang. Avec zéro point au compteur, la sélection gabonaise quitte prématurément la CAN 2025, confirmant une nouvelle désillusion continentale.
Au cœur de cette élimination, le cas Pierre-Emerick Aubameyang cristallise les tensions. Revenu en sélection après une période d’éloignement, le capitaine emblématique n’a pas pu inverser la tendance. Blessé à la cheville mi-décembre avec l’OM, il avait été jugé apte par le sélectionneur Thierry Mouyouma, malgré les réserves du club phocéen. Résultat : un retour précipité, des performances en demi-teinte et une sortie de route collective.
Ce lundi en fin d’après-midi, Aubameyang a quitté le rassemblement pour regagner Marseille. Un geste qui illustre la fracture entre les intérêts du club et ceux de la sélection. L’OM reproche à la fédération gabonaise d’avoir forcé son joueur à reprendre trop tôt, mettant en péril sa condition physique. Mouyouma, lui, défend son choix : « En sélection, Aubameyang est à nous. Il était remis. » Une déclaration qui révèle la tension permanente entre clubs européens et sélections africaines, où la gestion des stars devient un champ de bataille.
Au-delà du cas individuel, c’est l’image du Gabon qui en pâtit. Dix ans après ses premières CAN, Aubameyang reste marqué par une série noire : aucune victoire significative et des éliminations récurrentes. L’attaquant, pourtant meilleur buteur de l’histoire des Panthères, n’a jamais réussi à transformer son aura en succès collectif.
Cette élimination pose une question plus large : la dépendance excessive du Gabon à son capitaine. L’absence de relève crédible et la fragilité tactique de l’équipe soulignent les limites structurelles du football gabonais. La CAN 2025 devait être une opportunité de rebond, elle se termine en fiasco.
Le départ d’Aubameyang vers Marseille symbolise ainsi la fin d’un cycle. Pour le Gabon, l’heure est venue de repenser son projet sportif, au-delà des individualités, afin de retrouver une compétitivité continentale.

























