Le Rassemblement pour la modernité (RPM) traverse une zone de turbulences inédites dans le département de la Doutsila. Une vague de démissions en cascade, touchant plusieurs cadres influents, révèle un malaise profond qui dépasse le cadre local et interroge sur la solidité nationale de cette formation politique.
Les départs successifs de figures clés parmi lesquelles Franck Kinga, Wenceslas Ibinga, Kévin Mandoukou ou encore Albert Mbadinga Ibouili – fragilisent l’implantation du RPM dans une région où le parti avait pourtant réussi à s’imposer comme une force montante. Pour les militants de la première heure, cette hémorragie traduit une perte de confiance vis-à-vis de la hiérarchie et un sentiment de marginalisation.
À Doutsila, le RPM risque de voir s’effriter son ancrage territorial, construit patiemment au fil des années, au profit d’autres formations politiques prêtes à capitaliser sur ce vide organisationnel.
Au cœur de la crise, les démissionnaires dénoncent une gestion jugée opaque et peu orthodoxe de la coordination départementale. Ils pointent du doigt le responsable provincial du RPM dans la Nyanga, accusé de ne pas respecter les procédures internes et de privilégier des investitures controversées.
La désignation de nouveaux candidats, perçus comme « parachutés » et sans véritable ancrage local, a cristallisé les tensions. Les militants historiques estiment avoir été écartés au profit de personnalités extérieures, ce qui remet en cause le principe de représentativité et mine la cohésion interne.
Au-delà de Doutsila, cette crise illustre les défis de gouvernance auxquels le RPM doit faire face à l’échelle nationale. La multiplication des défections fragilise l’image d’un parti qui se voulait porteur de modernité et de renouveau. Elle pose une question cruciale : comment maintenir la crédibilité d’une formation politique si la base militante, pilier de son implantation, se sent trahie et ignorée ?
Dans un contexte où la Vᵉ République appelle à plus de transparence et de discipline dans la gestion des partis, le RPM est désormais sommé de se réinventer. Sa survie politique dépendra de sa capacité à rétablir la confiance avec ses militants et à instaurer une gouvernance interne respectueuse des règles et des engagements pris.

























