Libreville, décembre 2025 – Au Gabon, les personnes vivant avec un handicap tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. En cause : une allocation annuelle de 75 000 francs CFA, versée une fois par an, censée soutenir un public particulièrement vulnérable. Une somme qui, ramenée au mois, équivaut à 6 250 francs CFA, soit moins que le coût d’un repas dans la capitale.
Pour beaucoup, cette allocation annuelle relève aujourd’hui davantage du symbole que d’un réel soutien économique. Alors que la cherté de la vie s’est accentuée ces dernières années, ce montant apparaît largement insuffisant pour couvrir les besoins élémentaires : transport adapté, médicaments, soins spécialisés, alimentation, matériel de mobilité… autant de dépenses indispensables que cette allocation ne permet pas de financer.
Dans plusieurs associations, la frustration s’est transformée en indignation. De nombreuses personnes concernées ont décidé de s’exprimer collectivement afin de demander une revalorisation urgente de cette aide. Leur message, adressé au président de la République, dépasse la simple revendication financière : il s’agit d’affirmer un droit fondamental à la dignité, à travers cette allocation annuelle.
« Ce que nous recevons ne nous permet pas de vivre. Cela nous rappelle seulement que nous existons sur le papier », confie un membre d’une organisation de défense des droits des personnes handicapées. Derrière les témoignages, un même constat : survivre au quotidien avec 6 250 francs CFA par mois relève de l’impossible dans le contexte économique actuel.
Pour les associations, la question dépasse la dimension sociale. Elle interpelle directement la politique nationale d’inclusion et la manière dont l’État accompagne ceux qui font face à une fragilité durable. Plusieurs acteurs rappellent que la Constitution gabonaise consacre le principe d’égalité et de protection des citoyens les plus vulnérables, et que cet engagement doit se traduire concrètement dans les politiques publiques.
La revendication formulée aujourd’hui est claire : réviser le montant de l’allocation annuelle afin qu’il reflète les réalités du coût de la vie, et mettre en place un mécanisme d’accompagnement social véritablement fonctionnel. Certains proposent même d’instaurer un revenu d’assistance mensuel, plus stable et plus adapté aux besoins réels.
Cette interpellation publique réactive un débat ancien mais jamais résolu : celui de la place des personnes en situation de handicap dans les politiques sociales nationales. En portant la question sur la scène publique, leurs organisations espèrent ouvrir la voie à un dialogue institutionnel durable, et à des mesures concrètes capables d’améliorer les conditions d’existence de milliers de citoyens.
Pour l’heure, la balle est dans le camp des autorités. Les associations se disent prêtes à collaborer avec les institutions concernées afin d’aboutir à une réforme cohérente et respectueuse des droits humains. La société civile reste attentive à la réponse qui sera apportée, convaincue que la dignité ne peut se négocier mais doit se garantir.
Par Darlyck Ornel Angwe


























