Le 8 décembre 2025, l’Assemblée nationale a franchi une étape cruciale en désignant les présidents provisoires des Commissions des Lois et des Finances. Brice Constant Paillat et Nicole Jeanine Roboty épouse Mbou ont été choisis à l’unanimité pour diriger ces instances, illustrant ainsi un consensus politique essentiel en période d’incertitude. Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de révision du Règlement intérieur de l’Assemblée, visant à adapter son fonctionnement au contexte sociopolitique actuel du pays.
Cette réorganisation interne de l’Assemblée nationale est d’autant plus significative qu’elle intervient en parallèle avec l’adoption par le gouvernement d’un projet de loi autorisant le chef de l’État à légiférer par ordonnance. Ce mécanisme, bien que controversé, est justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’action publique durant l’intersession parlementaire, prévue jusqu’en mars 2026. En vertu de l’article 99 de la Constitution, cette décision vise à maintenir une certaine fluidité dans la gouvernance, tout en posant la question de la séparation des pouvoirs.
L’importance de cette dynamique réside dans le fait qu’elle pourrait permettre une réponse rapide aux défis pressants auxquels le pays est confronté, notamment en matière économique et sociale. Cependant, cette légitimation des ordonnances soulève des inquiétudes quant à la transparence et à la responsabilité démocratique. Les députés, en poursuivant l’examen du Règlement intérieur, cherchent à établir des garde-fous pour éviter un usage abusif de ce pouvoir par l’exécutif.
La révision du Règlement intérieur, soulignée par le président de l’Assemblée nationale, est donc essentielle pour restaurer la confiance dans les institutions. Elle représente un retour vers un fonctionnement normal, mais aussi une opportunité de moderniser les pratiques parlementaires. Les prochaines semaines seront décisives pour voir si ces réformes aboutissent à une plus grande efficacité tout en préservant les principes démocratiques fondamentaux.
L’Assemblée nationale et le gouvernement semblent déterminés à renforcer la stabilité institutionnelle, mais il est crucial que cette volonté s’accompagne d’un engagement réel envers la transparence et la responsabilité. Les citoyens doivent rester vigilants pour s’assurer que ces changements servent l’intérêt général et non des ambitions politiques individuelles.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi











































