Ce mardi 9 décembre 2025, aux premières lueurs de l’aube, le rond-point du kilomètre 12, PK12 de Libreville, s’est réveillé sous le vacarme métallique des pelleteuses et l’ombre des bulldozers. Sous la houlette du ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, le couperet est tombé : les commerces anarchiques plantés au bord de la voie ont vu leurs baraques s’effacer, comme des dessins crayonnés dans le sable balayé par la mer.
Aux côtés des forces de l’ordre, des ouvriers de la société adjudicataire, des équipes de Clean Africa chargées du ramassage des gravats, ainsi que celles de SEEG et de ses sous-traitants pour retirer les compteurs, tous étaient là dès 7 heures, prêts à écrire ce nouveau chapitre en plusieurs actes.
« Tout ce qu’il y avait autour du rond-point devait disparaître », a lancé Moukoumbi, comme pour tourner la page d’un livre trop encombré. « Après cette première phase, nous irons sur l’autre versant, nouveaux repérages, nouveaux départs. » Une gradation sans répit, un jour après l’autre, jusqu’à ce que le décor libère la voie.
La société retenue pour ce chantier guette la fin des abris illégaux : « Il n’y aura pas de répit, ils ne pourront pas revenir s’installer », a averti le ministre. Aussi, l’axe Ntoum-Libreville verra ses bâtisses disparaître sous deux semaines de souffle mécanique, avant de revenir, implacable, sur le côté opposé.
Une autre phase approche, identification, dédommagement, pour que le sol soit prêt d’ici janvier 2026. Le plan, huilé comme un engrenage mécanique, ne connaît pas de sursis.
À la différence d’autres opérations de déguerpissement dans le Grand Libreville, l’opération PK12 a trouvé un écho plus favorable auprès des commerçants déplacés, non par plaisir, mais par résignation presque sereine.
Pour rappel, l’objectif de ce chantier titanesque est d’ériger un flyover, qui s’élancera bientôt vers le ciel. Ce pont-passerelle est promis à décongestionner la circulation, transformer le chaos urbain en un ruban fluide de bitume. La construction, elle, s’étalera sur deux années : deux ans pour bâtir un nouveau souffle urbain.
Ainsi, au PK12, le vieux décor s’efface pour laisser place à une vision : celle d’une ville qui respire à nouveau, d’une circulation qui roule sans obstacle, d’un horizon libéré. Un nouveau matin se lève.











































