Quelques mois après l’annonce en grande pompe du lancement des travaux sur l’axe routier Carrefour Bifoun-Lambaréné, longue de 74,6 km, les populations constatent avec amertume que rien n’a véritablement changé. Malgré la présence remarquée du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de la cérémonie symbolique de démarrage, le chantier semble figé.
Sur l’axe Bifoun–Ndjolé, quelques signes d’activité sont perceptibles : couches de latérite et panneaux de signalisation. Mais sur le tronçon Bifoun–Lambaréné, les usagers ne voient aucune avancée. Les nids-de-poule se multiplient, transformant ce corridor en véritable calvaire pour les automobilistes.
« C’est la partie qui nous met vraiment en retard. Un trajet censé durer moins de deux heures s’éternise », déplore un conducteur d’agence locale.
Le mutisme autour de ce chantier nourrit les inquiétudes. Les riverains redoutent que ce silence assourdissant rappelle les pratiques opaques du régime déchu, où les projets routiers étaient souvent annoncés mais rarement menés à terme.
« Le nouveau président sait qu’il a la confiance du peuple. Les Gabonais espèrent que les erreurs du passé ne se répéteront plus », confie un voyageur.
Au soir du 30 août, la population avait exprimé une confiance pleine envers les nouvelles autorités. Mais face à l’absence de suivi sur ce projet stratégique, cette confiance s’effrite. Les citoyens attendent désormais des actes concrets et un contrôle rigoureux des chantiers à travers le pays.
Le tronçon Bifoun–Lambaréné est l’une des voies les plus fréquentées du réseau national. Sa réhabilitation est cruciale pour la fluidité des échanges et le désenclavement des régions. Les usagers réclament que les 74,6 km de route soient enfin travaillés « comme il se doit ».










































