Le bitume de Port-Gentil a encore vibré sous les pas de milliers de coureurs, mais cette 7ᵉ édition restera marquée par l’ascension irrésistible d’Admasu Tissa. En 29’24, le jeune Éthiopien n’a pas seulement remporté le 10 km le plus rapide d’Afrique ; il a rappelé que la course est un théâtre où se joue la rencontre entre discipline, science de l’entraînement et stratégie mentale. Derrière lui, Djessy Mouélé Kodo a conquis une seconde place saluée par le public, symbole d’un athlétisme gabonais qui refuse la résignation et cherche à bâtir une école plus compétitive.
Cette victoire éclatante illustre surtout la transformation progressive de la course, devenue un véritable laboratoire d’innovation. Nouveaux capteurs de performance, suivi biométrique de certains athlètes et encadrement médical renforcé ont offert à cette édition une dimension quasi professionnelle, ouvrant la voie à un niveau plus élevé de préparation physique. Le rôle de Perenco n’est pas seulement financier : l’entreprise a encouragé l’intégration d’un encadrement technique plus stable, donnant à la compétition une cohérence nouvelle.
Pour Djessy Mouélé Kodo, l’essentiel n’était pas uniquement le classement. « La préparation doit être repensée pour construire des saisons plus régulières », a-t-il expliqué, évoquant l’urgence de créer de véritables centres d’entraînement capables d’accompagner les jeunes talents. Son analyse met en lumière un besoin majeur : structurer les filières sportives au Gabon afin que les podiums cessent d’être des exceptions.
Les 12 000 participants ont confirmé l’importance de cette mobilisation populaire. Loin d’être un simple rendez-vous annuel, le 10 km POG devient une plateforme d’éducation sportive où les familles s’approprient les valeurs du bien-être. Le label Gold de World Athletics stimule d’ailleurs une dynamique territoriale nouvelle : hôteliers, restaurateurs et associations locales voient la course comme un moteur économique renforçant l’attractivité de la ville.
Dans l’élite féminine, Chancia Mimbale Bibang a décroché la troisième place après une progression jugée exemplaire par son staff. Son ambition, désormais internationale, souligne la nécessité d’ouvrir plus de passerelles vers les compétitions continentales. Les succès d’Ompana et de Dingoumou chez les enfants témoignent, quant à eux, d’une relève déjà lumineuse.
Pour le maire Pascal Houangni Ambourouet, cette édition incarne « un tournant culturel où le sport devient un langage partagé ». Ce 10 km POG de Perenco n’est plus seulement une course : il devient un pilier de cohésion, un espace où se construit une vision nouvelle de la jeunesse et de la santé publique.












































