La récente menace d’expulsion d’anciens techniciens supérieurs de la Radiodiffusion télévision gabonaise (RTG), sommés de quitter leurs logements par voie d’huissier, met en lumière une réalité préoccupante : au Gabon, de nombreux serviteurs publics, une fois à la retraite, se retrouvent fragilisés et souvent abandonnés à leur sort.
Ces hommes et ces femmes, qui ont consacré leur vie professionnelle au service de l’État, devraient bénéficier de reconnaissance et de protection. Au lieu de cela, ils sont trop souvent confrontés à des situations de précarité, qu’il s’agisse de pensions insuffisantes, de lenteurs administratives ou, comme dans le cas de la RTG, de menaces d’expulsion des anciens serviteurs publics.
Les logements attribués jadis pour des raisons professionnelles deviennent aujourd’hui des sources de conflit, faute de cadre juridique clair.
Les retraités concernés rappellent qu’ils avaient été installés dans ces quartiers par les autorités de l’époque afin d’assurer la continuité du service public.
Leur expulsion, jugée incompréhensible, soulève une question plus large : que vaut la parole donnée par l’État à ses serviteurs une fois leur mission accomplie ?
Le cas des serviteurs publics, notamment de la RTG, n’est que la partie visible d’un problème systémique. Enseignants, agents de santé, fonctionnaires de divers ministères connaissent des difficultés similaires. Beaucoup vivent leur retraite dans l’angoisse, faute de dispositifs solides pour les accompagner.
Ce que les nouvelles autorités doivent entreprendre:
Élaborer une stratégie nationale de protection des retraités, incluant logement, santé et pensions.
Mettre en place un fonds de solidarité pour les anciens agents publics en difficulté.
Reconnaître le service rendu par des mesures concrètes : régularisation des logements, allocations complémentaires, accompagnement social.
Dialoguer avec les syndicats et associations de retraités afin de bâtir des solutions durables et inclusives.
La dignité des retraités est une question de patriotisme et de justice sociale. Honorer ceux qui ont servi la Nation, c’est préserver notre mémoire collective et renforcer la confiance des générations futures dans l’État. L’affaire des techniciens de la RTG doit être un signal fort : il est temps que les autorités placent la protection des retraités au cœur de leur gouvernance.


























