La Cour criminelle spéciale du Gabon a rendu un verdict marquant dans une affaire de traite d’êtres humains, condamnant un couple béninois, Viviane Degbey et Koffi Jean Yeyehoué, pour avoir « acheté » et exploité une adolescente pendant plus de deux ans. Ce cas tragique met en lumière la réalité persistante de l’esclavage moderne, alimentée par des réseaux transnationaux, et soulève des questions sur les responsabilités de l’État en matière de protection des droits humains. Paru à L’Union du jour.
Le procès, ouvert le 10 novembre 2025, a révélé les circonstances horribles entourant l’exploitation de la victime, Élisabeth S., âgée de 13 ans. Acquise pour 480 000 FCFA, elle a été transférée au Gabon dans des conditions déplorables, subissant des abus physiques et psychologiques au quotidien. Son témoignage poignant, qui a conduit à l’arrestation de ses bourreaux, souligne l’urgence de mesures plus strictes contre la traite des êtres humains.
La Cour a condamné Viviane Degbey à cinq ans de prison et à une amende d’un million de FCFA, tandis que Koffi Jean Yeyehoué a écopé de 38 mois d’emprisonnement et de la même amende. La défense a tenté de justifier ces actes par des pratiques culturelles au Bénin, mais le procureur a fermement rejeté cette argumentation, affirmant que ces justifications ne sauraient excuser l’exploitation d’un enfant. Il a également souligné que ce type d’affaire nuit à l’image du Gabon sur la scène internationale.
Cependant, bien que la peine infligée soit un pas dans la bonne direction, elle soulève des interrogations sur son efficacité. La légèreté de la sanction par rapport à la gravité des faits pourrait envoyer un message ambigu aux potentiels trafiquants. Une peine plus sévère aurait pu mieux dissuader les réseaux de traite d’êtres humains qui continuent de prospérer.
Il est également préoccupant que la défense ait plaidé pour la clémence, soutenant que le couple avait des attaches au Gabon. Cela soulève des questions sur la responsabilité des États dans la lutte contre la traite et le soutien aux victimes. La société gabonaise doit se mobiliser pour créer un environnement où les droits des enfants sont protégés et où les coupables de telles atrocités sont sévèrement punis.
Cette affaire de la traite des êtres humains souligne l’importance d’une vigilance accrue et d’une volonté politique forte pour éradiquer la traite des êtres humains au Gabon. La condamnation du couple béninois est un signal fort, mais elle doit être accompagnée de mesures préventives et d’un engagement ferme pour protéger les victimes et renforcer la justice.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























