Le 10 novembre 2025 restera comme une date charnière dans l’histoire judiciaire du Gabon. Ce jour-là, le Palais de justice de Libreville a ouvert ses portes à la Session criminelle spéciale, marquée par le lancement du procès de Sylvia Bongo et de son fils Noureddin, figures centrales de l’ancien régime.
Dès les premières heures, l’atmosphère était lourde de symboles. Les magistrats, avocats et observateurs se sont retrouvés dans une salle comble, sous le regard attentif des médias nationaux et internationaux. L’ouverture solennelle a été ponctuée par un rappel des chefs d’accusation : détournement de fonds publics, corruption, blanchiment de capitaux, faux et usage de faux, association de malfaiteurs.
L’absence des principaux accusés, jugés par contumace depuis Londres, a immédiatement donné le ton : ce procès se déroule autant dans l’arène judiciaire que dans l’opinion publique. Les débats de la première journée ont porté sur la recevabilité des charges et la mise en contexte des faits reprochés, avec une insistance sur la
nécessité de juger les crimes économiques qui ont fragilisé l’État.

À l’extérieur du tribunal, l’ouverture de la session a suscité des réactions contrastées sur le procès de Sylvia Bongo. Certains citoyens y voient une opportunité historique de rendre justice et de solder les excès du régime Bongo. D’autres dénoncent une procédure qui pourrait être instrumentalisée politiquement, craignant que la justice serve davantage de vitrine que de véritable outil de réparation.
Cette première journée a donc posé les bases d’un procès à la fois judiciaire et symbolique. Elle a révélé les tensions d’un Gabon en transition, partagé entre l’espoir d’une justice indépendante et le scepticisme face aux héritages d’un système longtemps verrouillé.
Le 10 novembre n’a pas livré de verdict, mais il a ouvert un chapitre où chaque audience sera scrutée comme un test de crédibilité pour les institutions. La Session criminelle spéciale s’annonce ainsi comme un miroir des contradictions d’un pays en quête de transparence et de légitimité.











































