Alors que les délestages électriques continuent de plonger le Grand Libreville dans l’obscurité, l’entreprise turque Karpowership, chargée d’exploiter une centrale flottante censée soulager le réseau, se mure dans un silence qui interroge. Ce mutisme, loin d’être anodin, semble trahir une opacité inquiétante dans la gestion d’un contrat public dont les retombées tardent à se concrétiser.
Arrivé début septembre 2025, le navire Deniz Sultan devait injecter jusqu’à 150 mégawatts dans le réseau gabonais. Pourtant, plus d’un mois après son accostage, aucune production effective n’a été enregistrée. Les promesses de mise en service, d’abord annoncées pour août, puis repoussées à septembre, se sont évaporées dans une communication inexistante. KarPowerShip, malgré les sollicitations répétées des médias et de la société civile, refuse de s’exprimer. Une posture qui frise le mépris envers les populations gabonaises, premières victimes de cette défaillance.
Ce silence est d’autant plus préoccupant que l’État gabonais verse chaque mois 1,8 milliard de Fcfa à l’opérateur turc, sans retour tangible sur investissement. La SEEG, partenaire technique local, tente tant bien que mal d’ajuster les infrastructures pour permettre une production partielle, mais aucune garantie n’est donnée sur la date de livraison complète.
Dans un contexte où la transparence et la redevabilité devraient être des piliers de l’action publique, l’attitude de KarPowerShip soulève des questions fondamentales : pourquoi ce mutisme ? Quelles sont les véritables raisons du retard ? Et surtout, quelles sanctions sont envisagées en cas de non-respect du contrat ?
À l’heure où les foyers s’éclairent à la bougie et où les entreprises tournent au ralenti, le silence de Karpowership devient insoutenable. Il est urgent que les autorités gabonaises exigent des comptes et que l’opérateur sorte de son mutisme pour assumer ses responsabilités. Car dans cette affaire, chaque jour de silence est un jour de trop pour Libreville.


























