Alors que les délestages électriques continuent de plonger les quartiers du Grand Libreville dans l’obscurité, une révélation technique vient exacerber la frustration des populations : le navire turc Deniz Sultan, censé injecter jusqu’à 150 mégawatts dans le réseau national, ne peut pas être raccordé aux installations de la SEEG en raison d’une incompatibilité technique majeure.
Présenté comme une solution temporaire mais puissante à la crise énergétique, ce navire-centrale flottante, affrété par la société Karpowership, est aujourd’hui à l’arrêt. Selon des sources proches du dossier, les infrastructures locales ne sont pas adaptées pour accueillir la puissance générée par le navire, retardant indéfiniment sa mise en service.
Dans les quartiers touchés par les délestages de la SEEG, la colère gronde. Commerçants, artisans, familles et étudiants dénoncent une communication floue des autorités et une gestion approximative du projet. « On nous promet du courant, mais on nous livre de l’improvisation », s’indigne un habitant de Nzeng-Ayong
Les conséquences sont lourdes : pertes économiques, insécurité nocturne, détérioration des appareils électroménagers, et un climat social de plus en plus tendu. Pour beaucoup, cette incompatibilité technique est perçue comme le symbole d’un manque de rigueur dans la planification énergétique de la SEEG.
Comment un projet d’une telle envergure a-t-il pu être lancé sans vérification préalable de la compatibilité technique ? Cette question, posée avec insistance par les observateurs, met en lumière les failles de coordination entre les acteurs publics et privés. Le silence des autorités sur les délais de résolution n’arrange rien.
Karpowership travaillerait actuellement à une solution de contournement, mais aucune date officielle de mise en service n’a été communiquée. En attendant, les gabonais continuent de vivre au rythme des coupures, entre résignation et indignation.
Face à cette situation, les citoyens réclament des explications claires de la SEEG, un calendrier réaliste, et surtout des mesures concrètes pour garantir un approvisionnement stable en énergie. La crise actuelle ne peut être résolue par des promesses : elle exige des actes, de la compétence, et une écoute sincère des besoins du terrain.


























