À l’approche du procès très attendu de Sylvia et Noureddin Bongo-Valentin, prévu le 10 novembre à Libreville, les avocats français des accusés ont lancé une offensive médiatique virulente contre les autorités judiciaires gabonaises. Ce procès, qui cristallise les tensions entre l’ancien régime Bongo et le pouvoir gabonais dirigé par Brice Oligui Nguema, s’annonce comme un moment de vérité pour la justice gabonaise ou un théâtre d’ombres, selon ses détracteurs.
Dans un communiqué au vitriol, les avocats parisiens Pierre-Olivier Sur et François Zimeray dénoncent un « procès populiste » et une « mascarade judiciaire ». Ils accusent les autorités gabonaises de violations graves des droits humains, évoquant des « tortionnaires », des « détentions arbitraires » et une « instrumentalisation politique de la justice ». Le ton est sans appel : la défense refuse de cautionner ce qu’elle considère comme une opération de communication du régime en place.
Les Bongo-Valentin sont poursuivis pour détournement massif de fonds publics, blanchiment d’argent et corruption aggravée. Le parquet spécial évoque des montages financiers complexes, des sociétés-écrans et des comptes offshore ayant servi à financer un train de vie fastueux à Paris et Londres. Pourtant, les principaux accusés ne seront pas présents à Libreville : exilés à Londres, ils invoquent des risques pour leur sécurité et dénoncent un procès « illégal et prématuré ».
Le président Oligui Nguema, qui a promis une rupture avec les dérives du passé, affirme que le procès sera équitable et transparent. Mais la virulence de la riposte française soulève une question cruciale : la justice gabonaise est-elle en mesure de juger sereinement les figures emblématiques de l’ancien pouvoir sans céder à la tentation du règlement de comptes ?
Enjeux politiques et symboliques
Ce procès dépasse le cadre judiciaire : il incarne la volonté du nouveau pouvoir de solder l’héritage Bongo-Valentin, tout en testant la solidité de ses institutions. Pour les Gabonais, il pourrait être l’amorce d’un renouveau démocratique ou le révélateur d’un système encore gangrené par l’impunité et les luttes de clans.

























