La rencontre entre le ministre du Travail, Patrick Barbera Isaac, et la direction de Vivo Energy Gabon (Engen Gabon), conduite par Jeoffroy Abouiboro Kara, met en lumière un axe majeur de la politique économique gabonaise : l’impératif de la « gabonisation » des emplois dans le secteur privé. Les chiffres présentés lors de cette audience du mardi 21 octobre 2025 dessinent un paysage contrasté mais encourageant de la mise en œuvre de cette politique au sein du réseau de distribution de carburant.
L’argumentaire de Vivo Energy repose sur des données tangibles : 120 postes de pompistes et de graisseurs sont désormais occupés par des nationaux. Plus significatif encore, la gestion de 15 des 25 stations-service du réseau est confiée à des gérants gabonais. Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques ; ils traduisent une concrétisation directe de l’engagement pris par l’entreprise à favoriser l’employabilité locale. Pour le secteur de la distribution, où les postes opérationnels sont nombreux, cette substitution progressive des expatriés par des nationaux constitue un signal fort adressé à l’ensemble des multinationales opérant au Gabon.
Le ministre Barbera Isaac, en recevant cette délégation, valide publiquement ces efforts, tout en soulignant l’importance d’un partenariat public-privé solide pour soutenir l’économie nationale. L’objectif n’est pas seulement de remplacer, mais d’assurer une véritable montée en compétence des travailleurs gabonais, notamment au niveau managérial, comme l’atteste la proportion élevée de gérants nationaux.
Toutefois, pour que cette dynamique soit durable, l’analyse doit aller au-delà des postes de terrain. Si les fonctions de pompistes sont désormais majoritairement gabonaises, l’enjeu réel de la pleine gabonisation réside dans l’accès aux postes de cadres supérieurs, de techniciens spécialisés et de direction stratégique au siège social de Vivo Energy Gabon. Le secteur pétrolier et parapétrolier est réputé pour ses compétences pointues ; la véritable mesure du succès sera la capacité des nationaux à occuper des rôles nécessitant une expertise avancée, et non uniquement des postes d’exécution.
La volonté exprimée par les deux parties de « consolider un partenariat efficace » doit se traduire par des plans de formation solides et transparents. Le gouvernement doit veiller à ce que les dix stations restantes, encore sous gestion non nationale, suivent rapidement la même trajectoire. Cette rencontre rappelle que la gabonisation n’est pas une simple obligation administrative, mais un levier de développement socio-économique, visant à garantir que la valeur ajoutée générée par des entreprises comme Vivo Energy profite durablement à la main-d’œuvre locale.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























