Face aux tensions récurrentes liées au transport scolaire dans les établissements gabonais, les élèves du Lycée technique national Omar Bongo (LTNOB), aussi appelé CAPO, ont récemment pris une initiative inattendue : présenter leurs excuses au gouvernement et proposer des solutions concrètes pour améliorer la situation.
Depuis la mise en place du transport scolaire gratuit, assuré par les compagnies Trans’Urb et Sogatra, les retards et absences de bus ont provoqué une série de mouvements d’humeur dans la capitale. Ces manifestations, bien que pacifiques dans leur majorité, ont parfois dégénéré en comportements à risque : élèves accrochés aux bus en marche, cascades sur les toits, et même actes de vandalisme.
Conscients des dérives, les élèves ont exprimé leur regret et ont sollicité le retour d’un système de transport payant mais fiable, estimant que la gratuité actuelle ne garantit ni ponctualité ni sécurité. Cette proposition, bien que surprenante, révèle une volonté de responsabilisation et une maturité citoyenne rare dans un contexte scolaire souvent marqué par la contestation.
Par ailleurs, les élèves ont suggéré une mesure disciplinaire forte : tout élève reconnu coupable de dégradation d’un bus devra en assumer les conséquences financières avec ses parents. Cette approche vise à instaurer un cadre de responsabilité partagée entre élèves, familles et autorités.
Ce plaidoyer sur le transport scolaire met en lumière une problématique plus large : celle de l’équilibre entre accès équitable aux services publics et leur pérennité. Il interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de repenser les politiques de transport scolaire, en intégrant les réalités budgétaires, les exigences de sécurité et les attentes des bénéficiaires.
Au-delà de la demande, c’est un appel à la co-construction d’un service public plus efficace, où les élèves ne sont plus de simples usagers, mais des acteurs engagés dans la préservation de leur environnement éducatif.

























