Le programme Taxi Gab, lancé en octobre 2024 pour moderniser et surtout nationaliser le transport urbain au Gabon, vient de franchir une étape décisive. Après un an d’activité, 19 chauffeurs ont été officiellement exclus du dispositif. Une mesure qui, au-delà de son aspect disciplinaire, soulève des questions sur la gouvernance, la viabilité et les mécanismes de suivi du programme.
Selon les responsables du projet, ces chauffeurs ont été écartés pour non-respect des engagements contractuels, notamment en matière de paiement des mensualités et d’entretien des véhicules. Certains comportements jugés incompatibles avec l’éthique du programme ont également été signalés.
Cette décision vise à préserver la crédibilité du programme, qui repose sur un modèle de financement participatif et de responsabilisation des bénéficiaires. En excluant les contrevenants, les autorités envoient un message clair : l’accès à ces outils modernes de travail s’accompagne d’un devoir de rigueur et de professionnalisme.
Sur les 417 véhicules mis en circulation, près de 90 % des chauffeurs sont à jour dans leurs obligations. Ce chiffre encourageant montre que le programme peut fonctionner, mais il met aussi en lumière les limites du dispositif de contrôle et d’accompagnement des bénéficiaires.
L’exclusion de ces 19 chauffeurs des taxi Gab pourrait être l’occasion de renforcer les mécanismes de suivi, d’offrir un meilleur accompagnement aux chauffeurs en difficulté, et de repenser certains aspects du modèle économique du programme. Car si l’objectif est de professionnaliser le secteur, il ne peut se faire sans une approche plus inclusive et durable.
Au-delà des enjeux individuels, la réussite du programme Taxi Gab repose sur la capacité des bénéficiaires à adopter une discipline exemplaire. C’est à ce prix que la nationalisation du secteur du transport pourra devenir une réalité tangible. En respectant les engagements, en entretenant les véhicules et en adoptant une conduite responsable, les chauffeurs contribuent directement à bâtir un modèle de transport public gabonais, autonome et structuré.
L’État peut initier les réformes, mais leur succès dépend de l’adhésion active et rigoureuse des acteurs de terrain. Plus les bénéficiaires s’approprient les valeurs du programme, plus l’objectif de souveraineté dans le secteur du transport sera atteint rapidement et durablement.

























