À l’approche du second tour des législatives de 2025, le Parti démocratique gabonais (PDG) avance comme un boxeur sonné, cherchant encore ses appuis après un premier round où les coups portés ont laissé des traces profondes. Jadis maître incontesté de l’arène, il se retrouve désormais relégué au rang de challenger, en grande partie à cause des décisions contestées de son président, Blaise Louembe.
Dans une manœuvre qui s’apparente à tendre une perche à ses adversaires, celui-ci a laissé filer d’anciens camarades vers l’Union democratique des Bâtisseurs (UDB). Ironie de l’histoire : ces transfuges, loin de sombrer, se sont présentés aux élections et ont infligé au PDG une véritable correction dans les urnes. Le tout, à l’insu de sa Secrétaire générale, Angélique Ngoma, réduite au rôle de spectatrice dans une pièce qu’elle aurait dû orchestrer.
Ce qui aurait pu être une course stratégique s’est mué en défaite par abandon. Au lieu de maintenir sa plainte contre ces déserteurs politiques, Louembe a préféré ouvrir des brèches. Résultat : le PDG, promis à devenir la seconde force politique du pays, a vu s’échapper un précieux lot de sièges au premier tour. En face, l’UDB, bras politique du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a cueilli les fruits de ces erreurs comme un sprinteur qui profite de la chute de son concurrent.
Pourtant, les textes du parti sont clairs comme une règle tracée à l’encre indélébile. L’article 24 des statuts stipule que « le Président négocie et conclut les actes de coopération ou d’assistance avec les autres partis ou groupements politiques, sur proposition du Secrétaire général ». En foulant cette disposition, Louembe a semblé jouer aux échecs sans connaître les règles, sacrifiant ses pièces maîtresses pour de simples pions. Pourquoi concéder un avantage certain au compétiteur, sinon par calcul mal inspiré ou par naïveté politique ?
Le leadership du président du PDG apparaît ainsi comme un navire sans gouvernail. L’échec est d’autant plus amer qu’il survient lors des premières élections de la Ve République, marquant la fin de la Transition ouverte le 30 août 2023. Cette séquence historique aurait pu offrir au PDG l’occasion de redorer son blason, mais le mauvais choix de son capitaine a transformé cette opportunité en naufrage électoral.
Le revers se lit jusque dans la trajectoire personnelle de Blaise Louembe. Comme si le destin, ironique, voulait lui faire goûter à la même amertume que son parti, il se retrouve en ballotage à Koulamoutou face à un candidat de l’UDB. Le stratège indulgent paie aujourd’hui le prix de ses complaisances. À force de vouloir ménager la chèvre et le chou, il s’est retrouvé la corde au cou.
Ainsi, le PDG, autrefois rouleau compresseur de la vie politique, traverse l’une de ses heures les plus sombres. Le second tour s’annonce non pas comme un sprint final, mais comme une épreuve de survie. Car dans la grande compétition électorale, un mauvais choix se paie comptant, et souvent au prix fort.










































