Le conseil des ministres tenu ce 8 septembre à Libreville sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a marqué une étape clé dans le processus de réformes engagé par l’exécutif. Deux axes majeurs se dégagent : l’adoption prochaine de la Loi de finances 2026 et la mise en ordre de la fonction publique, avec la fin des maintiens en activité et un rappel à la discipline pour les agents de l’État.
Le gouvernement s’apprête à déposer devant le parlement un projet de loi de finances qualifié de « moderne, rigoureux et aligné sur les priorités nationales ». L’ambition affichée est de bâtir un budget transparent, équilibré entre justice sociale et discipline financière.
Pour y parvenir, plusieurs leviers sont mis en avant :
Amélioration de la collecte des recettes grâce à la digitalisation des procédures fiscales ;
Mise en place d’une taxe d’habitation modulable, en fonction des revenus des ménages ;
Centralisation des taxes municipales et communautaires au sein du trésor, pour une meilleure traçabilité.
En parallèle, l’exécutif entend contenir les charges publiques, notamment celles liées aux salaires et transferts sociaux, afin de libérer des marges de manœuvre pour les investissements structurants. Ces investissements sont présentés comme essentiels pour stimuler la croissance et créer de l’emploi.
L’une des décisions phares du Conseil des ministres concerne l’arrêt immédiat des maintiens en activité pour les agents publics ayant atteint l’âge légal de la retraite. Cette pratique, initialement prévue comme une exception, était devenue quasi systématique, bloquant l’accès des jeunes diplômés aux postes de la fonction publique.
Le gouvernement justifie ce choix par la nécessité de renouveler les effectifs et d’offrir de réelles perspectives à la jeunesse gabonaise. C’est un signal fort d’ouverture en faveur du rajeunissement et du dynamisme de l’administration.
Au-delà de la question budgétaire et du renouvellement des effectifs, l’exécutif a rappelé les principes fondamentaux qui régissent la Fonction publique : neutralité, réserve et discrétion professionnelle.
Certains comportements jugés inappropriés sur les réseaux sociaux, en particulier de la part de cadres supérieurs de l’administration, ont été pointés du doigt. Désormais, de tels manquements pourront être sanctionnés avec la plus grande fermeté, allant jusqu’à la révocation pure et simple.
À travers ces orientations, le gouvernement affiche sa volonté de rompre avec les pratiques antérieures et de bâtir une administration plus efficace, plus jeune et plus respectueuse de ses obligations déontologiques.
La Loi de finances 2026 et la réforme de la fonction publique apparaissent donc comme les deux piliers d’un nouveau cycle de gouvernance. Un cycle que le président de la République présente lui-même comme « déterminant pour l’avenir du pays ».
Par Darlyck Ornel Angwe


























