Libreville, 31 août 2025 — Le Ministère de l’Intérieur, de la sécurité et de la décentralisation a annoncé, par voie de communiqué, l’ouverture de deux périodes exceptionnelles liées à la liste électorale : l’une pour les inscriptions, l’autre pour les réclamations. Cette initiative, encadrée par la loi organique n°001/2025 du 19 janvier 2025 portant Code électoral, vise à renforcer l’inclusivité du processus électoral à l’approche des prochaines échéances visant à démontrer si la démocratie est en bonne marche ou elle peine à avancer.
La période exceptionnelle d’inscription s’étendra du 1er au 10 septembre 2025, tandis que celle dédiée aux réclamations se tiendra du 6 au 9 septembre 2025. Ces opérations seront déployées sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’à l’étranger, conformément aux arrêtés ministériels n°001520/MISD et n°001519/MISD.
Si l’intention est louable, la brièveté des délais soulève des interrogations sur la démocratie gabonaise si elle serait déjà en marche en ce début de la Vème République. Dix jours pour inscrire des primo-électeurs et traiter des cas particuliers, et seulement quatre pour examiner les réclamations, semblent insuffisants pour garantir une participation optimale, notamment dans les zones reculées ou auprès des diasporas.
L’inscription exceptionnelle est réservée aux citoyens ayant atteint la majorité après la clôture de la révision initiale (le 12 août 2025), ainsi qu’à plusieurs catégories spécifiques :
– Personnes concernées par une décision judiciaire (inscription, radiation, interdiction de vote)
– Agents publics ou privés mutés ou mis à la retraite, ainsi que leurs familles
– Citoyens ayant changé de résidence ou de centre de vote
– Électeurs confrontés à un cas de force majeure
– Inscrits dont le nom ne figure pas sur la liste définitive, sous réserve de justificatif
Cette segmentation, bien qu’encadrée, pourrait exclure certains citoyens désireux de régulariser leur situation mais ne répondant pas aux critères stricts énoncés.
Le ministère insiste sur le fait que la phase de réclamation ne constitue pas une opération de ré-enrôlement généralisée. Elle vise uniquement à permettre aux électeurs déjà inscrits de signaler des anomalies ou omissions. Cette précision est essentielle pour éviter les confusions et les attentes irréalistes.
Le Ministre appelle au sens civique de chacun pour le respect scrupuleux des dispositions en vigueur. Mais au-delà de l’appel, c’est la capacité des autorités à garantir l’accessibilité, la transparence et l’efficacité du processus qui sera scrutée pour savoir si notre démocratie est réellement en marche pour ces premières élections législatives et locales de l’ère Oligui Nguema. Une campagne d’information claire, des moyens logistiques renforcés et une coordination fluide seront indispensables pour que cette opération exceptionnelle ne devienne pas un simple exercice administratif, mais un véritable levier de participation démocratique.
Cette initiative, bien que conforme aux textes, met en lumière les tensions entre impératifs juridiques et réalités pratiques. Elle offre une opportunité de rattrapage pour certains électeurs, mais pose aussi la question de l’équité d’accès et de la capacité de l’État à mobiliser efficacement ses ressources dans un délai aussi restreint. Le succès de cette opération du ministère de l’Intérieur dépendra autant de la mobilisation citoyenne que de la rigueur institutionnelle.

























