À l’aube de la Fête de la Libération du 30 août, la Nyanga s’apprête à devenir le grand bal du pays. Les routes s’illuminent, les hôtels se remplissent, les regards se croisent déjà comme des éclairs sous un ciel d’orage. Mais dans ce carnaval de sourires et de désirs naissants, un autre cortège s’invite discrètement : celui de la prévention via des préservatifs, distribués comme un signe de prudence au milieu de l’euphorie.
Le comité multisectoriel de lutte contre le SIDA distribue depuis quelques jours des préservatifs comme on tend des lampions dans la nuit : pour éclairer les chemins de la fête et éviter que l’ivresse des corps ne se transforme en piège silencieux.
La Nyanga, province hôte, est aussi la plus touchée par le VIH avec un taux de 4,9 %, selon l’enquête démographique et de santé 2022 — un chiffre qui impose de couvrir le plaisir d’un voile de prudence.
« Nous voulons que les étreintes restent des souvenirs doux, pas des cicatrices », souffle un représentant du comité. Car les festivités promettent des nuits où les désirs s’allument comme des feux de brousse : un regard, une danse, et soudain le tempo s’emballe. Les chambres d’hôtel deviennent des cocons, les draps des champs de bataille douceâtre, où le préservatif joue le rôle d’un bouclier fin, invisible mais indispensable. Dans cette liesse, les préservatifs ne sont pas de simples objets, mais des gardiens silencieux du lendemain.
Pendant que le président de la République prépare son discours pour dresser le bilan des chantiers du pays, un autre message se glisse entre les couples éphémères : on peut célébrer l’histoire sans hypothéquer l’avenir. Entre les tambours officiels et les battements de cœur clandestins, la prévention rappelle que le vrai triomphe est de sortir de la fête sans regrets.
La fête c’est bien, mais n’oublions pas que « le sexe, c’est comme le champagne : il pétille quand on le partage, mais il explose quand on oublie de tenir le bouchon. »
Par Darlyck Ornel Angwe

























