Selon une information rapportée par Gabon Actu, le monde médiatique africain est plongé dans le deuil : Crépin Ngangha Ditsougou, Directeur de l’antenne d’Africa N°1, a tiré sa révérence ce mercredi à Paris. L’homme, qui séjournait depuis plusieurs mois en France pour des raisons de santé, s’est éteint loin des siens, laissant derrière lui un silence lourd, comme celui d’un micro orphelin de voix.
Journaliste de talent, diplomate raffiné, homme de conviction, Crépin Ngangha appartenait à cette génération de passeurs de mots et de mémoires. Depuis novembre 2008, il tenait les rênes de l’antenne d’Africa N°1, une station qui résonne depuis 1981 comme le cœur battant de l’Afrique sur les ondes. Sa voix, telle une balise dans la nuit, a guidé des milliers d’auditeurs, apportant clarté et réflexion dans le tumulte des actualités.
Son parcours académique fut à l’image de son exigence : titulaire d’un DEA en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Bordeaux 3, puis d’un DESS en communication et politiques de jeunesse au Centre d’études diplomatiques et stratégiques de Paris, il avait transformé la connaissance en une arme pacifique au service de la vérité et du dialogue.
Sur le terrain diplomatique, il servit le Gabon avec la même rigueur que derrière le micro. Entre mars 2004 et décembre 2009, il occupa le poste de Conseiller, chargé de la presse et de l’information à l’Ambassade du Gabon en France. Là encore, il sut conjuguer écoute et engagement, bâtissant des ponts entre cultures et nations.
Originaire de Lastoursville, dans l’Ogooué-Lolo, Crépin Ngangha ne cessait de revendiquer ses racines. En lui vibraient la sève de sa terre natale et l’horizon sans limites du panafricanisme qu’il portait en étendard. Amoureux de la nature, environnementaliste convaincu, il incarnait une vision où la plume, le micro et la conscience citoyenne s’alliaient pour servir l’Afrique.
Aujourd’hui, le journaliste, le diplomate, le passionné s’en est allé. Mais au-delà de la douleur, demeure une certitude : ses mots et ses actes ne disparaîtront pas. Ils résonneront toujours comme une chanson inachevée que d’autres, à sa suite, devront poursuivre. Car les grandes voix ne meurent pas vraiment, elles se transforment en héritage.


























