Ntoum, le 21 août 2025 – Comme un rempart invisible dressé le long du Transgabonais, l’Autorité de Régulation des Transports Ferroviaires (ARTF) et la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG) ont lancé une vaste campagne de sensibilisation pour protéger les populations riveraines. Depuis le 11 août, leurs équipes sillonnent les localités, déployant une véritable muraille de prévention afin d’éviter de nouveaux drames.
Première étape : protéger de Owendo à Ntoum
La première phase, entamée à Owendo, s’est achevée ce jeudi à Ntoum. Là, les riverains ont été instruits sur les gestes de prudence, présentés comme un parapluie protecteur contre les dangers des rails. La campagne se poursuivra dans le Moyen-Ogooué, jusqu’à Franceville, et s’étendra jusqu’en décembre, avant qu’un rapport général ne vienne éclairer l’État sur d’éventuelles mesures supplémentaires, y compris le déplacement d’habitations trop proches de la voie.
Le rappel réglementaire, une ceinture de sécurité juridique
Le Directeur des Affaires juridiques et réglementaires de l’ARTF, M. Bengang Yannick Roger, a tenu à rappeler le cadre légal :
« Le décret n°032/PR de 1978 fixe la zone de sécurité à 15 mètres à partir du rail extérieur. Une marge supplémentaire de 5 mètres doit être respectée. Ce n’est qu’à partir de 20 mètres, et avec l’autorisation expresse de la SETRAG, que des habitations peuvent être construites. »
Une règle qu’il décrit comme une clôture réglementaire, destinée à maintenir chacun à l’abri.
Prévenir, un gilet de sauvetage pour les riverains
Pour M. Ollomo Givens Stevy, animateur en relations communautaires de la SETRAG, la prévention est une armure collective :
Se tenir à au moins 1,50 mètre de la voie pour éviter l’effet de souffle des trains.
Ne pas jeter d’ordures dans le domaine ferroviaire.
Ne pas installer bars, commerces ou champs agricoles dans la zone de sécurité.
Respecter 20 mètres pour toute construction, avec autorisation préalable.
Selon lui : « Certains habitants ont déjà cessé leurs travaux. D’autres persistent, mais notre rôle est de les guider vers une nouvelle mentalité. »
Les riverains, gardiens de leur propre sécurité
À Ntoum, la campagne est accueillie comme une main tendue. Mme Moupaka Félicité salue l’initiative :
« Ce projet est indispensable car ce sont nos proches qui sont les premières victimes des accidents. Nous allons donc respecter les consignes. Mais nous demandons aux autorités de nous informer à chaque étape. »
Vers une protection partagée
Pour l’ARTF, la sécurité ferroviaire est une forteresse qui ne peut tenir sans l’appui de l’État. M. Bengang Yannick Roger l’affirme :
« Il est temps que l’État reprenne la main sur ce domaine. La campagne se déroule bien, les riverains sont réceptifs. Après cette phase, un rapport permettra aux plus hautes autorités de décider des suites à donner. »
De leur côté, l’ARTF et la SETRAG soulignent que la démarche reste gratuite et centrée sur la sensibilisation, comme une main protectrice avant la sanction.
« Notre mission est de sauver des vies et de préserver la sécurité autour du chemin de fer », conclut M. Ollomo.
Un appel à la vigilance
Les autorités gabonaises et la SETRAG unissent leurs forces pour transformer les rails en couloir sûr. Elles exhortent les riverains à devenir les vigiles de leur propre sécurité, en respectant scrupuleusement les règles établies.


























