Le Secrétariat d’Orientation scolaire, universitaire et professionnelle (SOSUP) est au centre des débats durant la campagne d’orientation 2025-2026, suscitant interrogations des familles et acteurs de l’éducation. Ce lundi 25 août 2025, à Libreville, son secrétaire permanent, Jérémie Mikombo, a apporté des précisions sur les procédures, les recours et les outils numériques prévus pour l’orientation des 49 649 élèves admis en 6e. Au-delà des aspects techniques, la question essentielle demeure celle de l’équité et de la confiance dans le système éducatif.
Le message principal délivré par le Secrétaire permanent du SOSUP Jérémie Mikombo se veut rassurant : malgré quelques critiques sur des orientations jugées parfois défavorables, il assure qu’il n’y a «pas péril en la demeure». Il a ainsi détaillé que le faible taux de recours, estimé à environ 500 sur le total des orientations, témoigne d’une procédure globalement bien maîtrisée. Ces recours, traités avec diligence par les Directions d’académies provinciales (DAP), visent à corriger d’éventuelles anomalies, tout en rappelant que le processus est intrinsèquement lié aux vœux exprimés par les parents.
C’est là que réside l’un des nœuds du problème : la tension entre les préférences parentales, souvent orientées vers des établissements spécifiques, et la capacité d’accueil limitée de ces derniers. La redirection vers des structures proches s’avère ainsi une nécessité, mais peut générer de la frustration.
L’application e-formation, conçue pour fluidifier le suivi, rencontre également des écueils. Des parents signalent l’absence de leurs enfants dans la base de données, expliquée par des erreurs potentielles de saisie ou par le fait que l’élève, malgré l’obtention du Certificat d’Études Primaires (CEP), n’ait pas atteint la moyenne requise pour une orientation directe. Environ 700 cas seraient concernés. L’introduction de l’attestation officielle d’orientation est une avancée notable, visant à renforcer la traçabilité et la sécurité du processus.
Le défi structurel de la répartition des élèves entre les établissements publics et privés reste prégnant. Avec un nombre significativement plus élevé d’établissements privés (1 400) que publics (environ 800), et sans la création de nouvelles infrastructures, l’orientation est contrainte par les capacités d’accueil existantes. La volonté affichée par la ministre d’État, Camélia Ntoutoume-Leclercq, inverse cette tendance en : «rapprochant davantage l’école des familles» et en augmentant les capacités d’accueil, est une feuille de route ambitieuse. Le SOSUP est ainsi engagé dans une course contre la montre pour concilier les aspirations des familles, les contraintes logistiques et les objectifs de politique éducative, afin d’assurer une orientation scolaire plus équitable et plus transparente pour tous les élèves gabonais.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























