Le stade Tata Mbéba de Lastoursville a résonné, ce dimanche 24 août 2025, des échos d’un moment à la fois sportif et mémoriel. La première édition de la Coupe Guillaume Barrès Immongault a été lancée dans une atmosphère où l’hommage et la reconnaissance se mêlaient à la passion du football. Dans un décor vibrant, les gradins débordaient d’enthousiasme, comme pour témoigner que la mémoire d’un homme peut transcender le temps et unir un peuple.
Le coup d’envoi, symboliquement donné par Hermann Immongault, fils du patriarche, aux côtés de la Présidente du Sénat, Paulette Missambo, et d’un aréopage de personnalités politiques, sportives et culturelles, avait la solennité des grands instants. Ce geste, simple en apparence, portait en lui toute la charge d’un héritage qui irrigue encore la vie de Mulundu.
Jamais Lastoursville n’avait accueilli un tel rendez-vous. Sous l’égide de Thibault Mabengou et de son comité d’organisation, l’événement fut une leçon de rigueur et de savoir-faire : protocole millimétré, logistique huilée, équipements modernes. Tout semblait conçu pour honorer la mémoire de Guillaume Barrès Immongault, enseignant respecté, bâtisseur d’unité et passionné de sport. En lui, le savoir rencontrait le terrain de jeu, et son souvenir flotte désormais comme un hymne silencieux au-dessus de l’arène.

Le stade, plein à craquer, s’est transformé en cathédrale vivante de fraternité. Les chants, les pas de danse et les clameurs s’élevaient comme des prières collectives à l’adresse du disparu. « L’unité, la cohésion et la discipline » : ces valeurs, rappelées avec émotion par Constant Moungoungou, petit-fils du patriarche, résonnaient comme un testament transmis aux générations présentes. La minute de silence, empreinte de gravité, fut un instant suspendu, où le temps sembla s’incliner devant la mémoire d’un homme dont l’héritage dépasse les frontières de sa propre existence.
La dimension culturelle n’était pas en reste. Les prestations des groupes traditionnels Mboudi et Clotaire Moughanga ont ajouté à la cérémonie une profondeur identitaire, rappelant que le sport, en Afrique, est plus qu’un jeu : c’est un langage de communion, une fresque où se dessinent les racines et les rêves d’un peuple.

Côté terrain, l’AS Libongui a offert au public un premier éclat de victoire en dominant le FC Livounga (2-0). Bitsaka Valdo, désigné “Homme du match”, reçut son trophée des mains de Mme Paulette Missambo, dans une ovation qui résonnait comme une bénédiction collective. Mais au-delà du score, la vraie victoire fut celle du peuple, réuni dans une ferveur où la mémoire se marie à l’avenir.
Jusqu’au 7 septembre, huit équipes s’affronteront dans seize matchs palpitants. Quelles que soient les issues sportives, l’essentiel est acquis : par-delà le ballon rond, la Coupe Guillaume Barrès Immongault s’impose déjà comme un rendez-vous citoyen, une flamme allumée au cœur de Lastoursville, éclairant d’un même feu l’héritage du passé et les promesses de demain.

























