À Makouké, dans la province du Moyen-Ogooué, les travailleurs d’Olam Gabon montent au créneau pour dénoncer une procédure de déflation qu’ils jugent injuste et contraire aux lois en vigueur. Le mouvement a débuté le 7 août 2025, lorsque la direction d’Olam a convoqué l’ensemble du personnel pour annoncer une rupture amiable des contrats de travail, suite à une perte agricole massive causée par des attaques d’éléphants ayant détruit près de 78 % des palmiers.
Mais très vite, les négociations ont tourné à la contestation. Les employés ont dénoncé une absence de dialogue réel et un non-respect de l’article 77 du Code du travail gabonais, qui stipule que la rupture amiable doit être le fruit d’un accord mutuel entre l’employeur et le salarié. Selon les témoignages, les montants proposés étaient jugés dérisoires, et les conditions imposées relevaient davantage de la contrainte que de la concertation.
Les négociations individuelles ont été entamées le 11 août, mais interrompues en raison des célébrations de la fête de l’indépendance. Le 18 août, une nouvelle réunion a été convoquée par Olam, cette fois en présence d’un inspecteur du travail dépêché de Libreville.
Les travailleurs espéraient alors une reprise équitable des discussions, prévue pour le 19 août, mais ont constaté que l’entreprise persistait à ignorer les dispositions légales.
Face à cette situation, les employés déflatés ont saisi le sous-préfet de Makouké, espérant une médiation institutionnelle. Leur mouvement de protestation a même perturbé le trafic du bac fluvial, soulignant l’ampleur de la crise sociale.
Ce bras de fer entre Olam Gabon et ses anciens employés met en lumière les tensions entre impératifs économiques et respect des droits sociaux. Dans un Gabon qui aspire à plus de justice et de transparence, cette affaire pourrait bien devenir un symbole de la lutte pour la dignité des travailleurs gabonais.

























