Chaque lundi, tel un veilleur dressé sur la proue du navire national, Michel Ongoundou Loundah, président du parti d’opposition REAGIR, livre dans son “Rendez-vous hebdomadaire” une radiographie de l’actualité. Cette tribune, dénuée de fard, se veut le miroir sans complaisance d’un pays en quête de renaissance. Cette semaine, l’opposant a jeté un regard acéré sur les cent premiers jours du mandat de Brice Clotaire Oligui Nguema, peignant un tableau où la “déconfiture” et la “désillusion” semblent rivaliser de noirceur.
Une justice bancale et des promesses en apnée
S’étonnant de la libération subreptice des Bongo-Valentin, Michel Ongoundou Loundah dénonce une justice “à deux vitesses”, laissant croupir en geôle le lieutenant Kely Ondo. À cette iniquité s’ajoute un “stress hydrique” persistant : l’inauguration d’une station de pompage n’a pas fait jaillir l’eau dans les foyers. Quant à l’électricité, “erratique et thermo-faible”, elle compte plus de 124 coupures majeures depuis mai, autant de cicatrices lumineuses sur le quotidien des Gabonais. Face à cette “communication gouvernementale en rafale”, l’opposant prévient : “l’illusion ne saurait étancher la soif ni éclairer l’obscurité.”
Souveraineté grignotée et démolitions à vif
L’affaire de l’île Mbanié, passée sous autorité équato-guinéenne, est qualifiée de “traumatisme national”. Aucun éclaircissement officiel n’est venu apaiser la plaie. À ce deuil territorial s’ajoute celui des toits arrachés : des démolitions expéditives ont laissé près de 1 200 familles sur le pavé. Selon la Croix-Rouge, 78 % d’entre elles dorment désormais sous la toile des tentes, témoins muets d’un drame social. Ongoundou Loundah s’étrangle : quid de la liste des indemnisés, des montants, des critères ? Les victimes, dit-il, n’ont récolté que de “fausses promesses”, ces feuilles mortes qui bruissent avant de se dissoudre.
Diplomatie ou villégiature ?
Les voyages présidentiels, fréquents et coûteux, soulèvent une interrogation : diplomatie féconde ou tourisme d’affaires ? L’opposant penche pour la seconde hypothèse, évoquant des “résultats creux” et une dette qui s’enfle comme une voile en tempête. Sur le terrain, les chantiers se figent, transformant “le grand réveil promis” en “long coma politique”. Oliguiville, ville fantôme avant l’heure, incarne cette promesse suspendue.
Compétences exilées
Dernier clou enfoncé dans le cercueil des illusions : le suivi juridique de la marque Oliguiville confié à un cabinet camerounais. Pour Ongoundou Loundah, ce n’est qu’un exemple d’une fuite de compétences, déjà illustrée par le règlement, à Brazzaville, du différend interne au PDG. Comme si, à force d’externaliser le savoir-faire national, on renonçait à l’âme même du pays.

























