Un drame poignant s’est déroulé à Franceville, dans le Haut-Ogooué, au début du mois d’août 2025, où une jeune gabonaise de 32 ans, Oliphie Ntsélé Obali, a tragiquement perdu la vie à la suite d’un avortement clandestin pratiqué par un individu se faisant passer pour un médecin. Ce fait divers, au-delà de son horreur, soulève des questions cruciales sur la régulation du secteur médical et la prévention des pratiques illégales mettant en péril la vie des femmes.
Selon les premiers éléments de l’enquête menée par la Police judiciaire, l’auteur présumé des faits, Sylvain Koyira, ressortissant congolais de 42 ans, exerçait illégalement la médecine dans la ville de Moanda. Sans titre de séjour ni diplôme reconnu, il aurait administré à la victime des substances pharmaceutiques non identifiées dans le but d’interrompre une grossesse de cinq mois. L’intervention, réalisée dans des conditions précaires et sans encadrement médical, a entraîné de graves complications. Transportée en urgence au CHU Amissa-Bongo, la jeune femme, Oliphie Ntsélé Obali,
n’a pas survécu.
Lors de son interpellation, les autorités ont découvert dans son domicile des seringues usagées, des flacons non étiquetés et du matériel médical rudimentaire, révélant l’ampleur de l’imposture. Sylvain Koyira est poursuivi pour exercice illégal de la médecine, homicide involontaire, mise en danger de la vie d’autrui et séjour irrégulier.
Ce drame met en lumière les failles persistantes dans le contrôle des pratiques médicales et l’accès sécurisé à la santé reproductive. Il interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité d’intensifier les campagnes de sensibilisation, de renforcer les contrôles sanitaires et de garantir aux femmes un accès encadré et digne aux soins médicaux, notamment en matière de santé sexuelle.
La mort d’Oliphie Ntsélé Obali ne doit pas être un simple fait divers. Elle doit devenir un signal d’alarme pour que plus jamais une femme ne meure dans l’ombre d’un acte médical clandestin.











































