Créé par l’Ordonnance n° 0001/PR/2023 du 29 septembre 2023, le Contrôle Général d’État devait être le fer de lance d’une gouvernance exemplaire, l’œil vigilant et impartial de la République sur la bonne utilisation des deniers publics. Les membres de cette institution, nommés en décembre 2024, incarnaient la promesse d’un État plus transparent, plus rigoureux, plus proche de la probité que du laxisme.
Pourtant, depuis leur installation, le moteur de cette noble machine reste désespérément silencieux. Et ce, malgré l’impulsion donnée par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de la réunion du 3 juin 2025. Ce jour-là, tel un chef d’orchestre, il avait accordé ses directives comme on accorde un instrument avant un grand concert : résoudre, sans délai, les problèmes de locaux, d’équipements, de moyens roulants et de décaissement budgétaire.
Mais hélas, les notes sont restées sur la partition. Les murs restent vides, les bureaux sans outils, les véhicules introuvables, et le budget, tel un robinet fermé, refuse toujours de couler. Cette inertie bloque le travail d’audit attendu, laissant les ambitions de contrôle et de transparence en suspens, comme un navire immobilisé faute de vent.
À l’heure où le pays aspire à redresser sa gouvernance et assainir ses finances, cette paralysie du Contrôle Général d’État soulève une question brûlante : pourquoi les instructions présidentielles, pourtant claires comme l’eau de roche, ne se traduisent-elles pas en actes ? Le peuple attendait une symphonie d’efficacité ; il n’entend qu’un silence pesant.
La responsabilité semble aujourd’hui peser sur deux piliers du gouvernement : Henri-Claude Oyima, ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, et François Ndong Obiang, ministre de la Réforme et des Relations avec les Institutions. Comme des capitaines à qui l’on a confié la barre, ils sont appelés à sortir le navire de l’ornière administrative où il s’est échoué.
Car dans cette affaire, il ne s’agit pas seulement de mobilier ou de voitures de service ; il s’agit de l’honneur d’une institution censée veiller à l’intégrité de l’État. Tant que le Contrôle Général d’État restera cloué au sol, c’est l’image même de la réforme et de la bonne gouvernance qui sera ternie.
La balle est désormais dans le camp des ministres concernés. L’histoire retiendra s’ils auront choisi l’action… ou laissé s’installer l’immobilisme.

























