Et si le vrai danger n’était pas le conducteur, mais le système qui le fabrique ? Un vent de scandale souffle sur la Direction générale des transports terrestres (Dgtt) au Gabon, révélant l’existence d’un réseau de bandits bien implanté dans les procédures de délivrance des permis de conduire mafieux. Des intermédiaires illégaux, opérant en pleine impunité, collectent des dossiers dans les quartiers pour les intégrer frauduleusement au circuit administratif, grâce à la complicité de certains agents publics. Des quittances falsifiées et des formations inexistantes permettent à des conducteurs non formés d’obtenir leur sésame, mettant en péril la sécurité de tous.
Ce trafic jette une ombre inquiétante sur la moralité de notre administration et souligne l’urgence d’une réforme profonde. Les auto-écoles, pourtant garantes de la formation des conducteurs, sont court-circuitées, menaçant leur existence. La circulation devient ainsi une roulette russe où chaque véhicule pourrait être entre les mains d’un conducteur inexpérimenté.
Il est temps de briser ce système de permis de conduire mafieux. L’État doit faire preuve d’autorité et de clarté. Le ministre des transports ne peut rester spectateur. Des audits indépendants, des sanctions exemplaires et une protection réelle des lanceurs d’alerte sont indispensables. Mais cette lutte ne se gagnera pas sans les citoyens : il faut dénoncer, exiger des comptes, refuser la banalisation de l’illégal.
Ce scandale est aussi une opportunité : celle d’intégrer des femmes et des hommes honnêtes, compétents et courageux aux postes clés de nos institutions. La République ne peut prospérer sur le silence ou la complicité. Réveillons les consciences, reformons le système, et remettons l’intégrité au volant de notre gouvernance.

























