Dans une Afrique en pleine mutation juridique et technologique, le droit s’érige de plus en plus comme un instrument stratégique de sécurisation des affaires. C’est dans ce contexte que s’est tenue, ce samedi 26 juillet 2025, la cinquième édition des Après-midi Coaching du réseau Élite Juris & Business, organisée par le cabinet CAT Consulting, de 13h à 18h, à l’hôtel Hibiscus de Louis, à Libreville.
Placée sous le thème :
« Sécuriser l’avenir des entreprises par le droit, le contrat et le numérique »,
la rencontre a réuni praticiens du droit, professionnels du numérique et jeunes juristes autour d’un objectif fondamental : renforcer la capacité des entreprises africaines à se prémunir contre les incertitudes juridiques, contractuelles et technologiques.
Le panel, constitué de cinq experts reconnus, a abordé les enjeux contemporains de la sécurisation juridique avec une approche pragmatique :
Cédric Ndong, expert en cybersécurité et gouvernance IT, a rappelé que « la cybersécurité est aujourd’hui un impératif de conformité autant qu’un enjeu de survie pour l’entreprise ». Il a présenté les principales vulnérabilités numériques auxquelles font face les structures et les mesures juridiques de prévention, notamment la mise en œuvre de politiques internes de protection des données et la contractualisation des responsabilités avec les prestataires informatiques.
Pierre-Flavien Mendoume-Ba- N’nang, analyste contrats à la Gabon Oil Company, a traité du Contract Management comme outil de gouvernance, soulignant que la sécurisation des relations contractuelles passe par une maîtrise du cycle de vie du contrat, de sa rédaction à son exécution, dans un environnement digitalisé.

Boris Armel Zue Meye, chef de division contrats et conformité à la SEEG, a axé son propos sur la résilience juridique des entreprises, en insistant sur l’importance d’un cadre interne de conformité solide, capable d’absorber les risques réglementaires et de prévenir les contentieux.
Karine Mazand-Mboumba Tchitoula, avocate aux barreaux de Paris et Madrid, a apporté une perspective comparée sur le droit du numérique, en rappelant que les pratiques digitales doivent s’inscrire dans un cadre juridique structuré, notamment en matière de données personnelles, de gouvernance algorithmique et de preuve électronique.
Enfin, Félicia Ombanda Indoumou, conseillère juridique et fiscale, lauréate WIA Young Leaders 2024, a abordé l’impact de l’intelligence artificielle sur les nouveaux métiers du droit, en soulignant que les juristes africains doivent désormais intégrer des compétences technologiques pour rester compétitifs sur le marché global.
Au fil des interventions, un consensus s’est dégagé : le droit doit cesser d’être perçu comme un frein à l’innovation ou une simple fonction support, et devenir un levier stratégique de performance et d’anticipation. Dans un environnement économique volatile, marqué par la dématérialisation, la contractualisation globale et la pression réglementaire, les juristes sont appelés à sortir de la stricte technicité pour adopter une posture proactive, entrepreneuriale et stratégique.
Créé à l’initiative de Catherine Teya, juriste en droit international des affaires, le réseau Élite Juris & Business se veut un espace de réflexion, de spécialisation et de mentorat. Il vise à former une nouvelle génération de juristes stratèges, aptes à dialoguer avec les investisseurs, à structurer des projets innovants et à accompagner la croissance des entreprises africaines.
Parmi ses missions figurent:
La spécialisation dans des branches techniques du droit souvent négligées ;
Le développement d’une intelligence économique chez les juristes ;
L’apprentissage continu à travers des défis juridiques sur 90 jours ;
Et surtout, la construction d’une culture de réseau, de partage et de solidarité entre praticiens.
Dans un monde où la donnée est aussi précieuse que le capital, où les contrats voyagent à la vitesse du numérique, et où les litiges traversent les frontières, le droit ne peut plus être une science figée. Il devient un art de l’anticipation. Le panel du 26 juillet 2025 l’a démontré : la sécurisation de l’avenir des entreprises africaines passera nécessairement par l’intégration du droit, du numérique et d’une nouvelle vision du juriste comme acteur économique à part entière.
« L’insécurité juridique naît moins du manque de lois que de l’absence de juristes stratégiques. »
Par Darlyck Ornel Angwe


























