Dans la nuit du 26 juin 2025, Guillaume Mouhoumbou, ancien chef du village de Moupia, a trouvé la mort lors d’une expédition nocturne devenue tragique. Il a été tué accidentellement par son compagnon de chasse, Firmin Maba Poitou, commandant de brigade à la retraite.
D’après les premiers éléments d’enquête, les deux hommes arpentaient la forêt dense de Moupia à la recherche de gibier lorsque Firmin Maba Poitou a chuté. Son fusil de calibre 12 se serait déclenché involontairement, atteignant mortellement son compagnon. Malgré l’arrivée rapide des secours, Guillaume Mouhoumbou n’a pas survécu. Le tireur présumé a été placé en détention préventive. La gendarmerie de Franceville mène actuellement des investigations pour établir les circonstances exactes de ce drame.
Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. Les accidents de chasse se multiplient dans le pays :
En février 2024, à Booué, un jeune chasseur a été tué par son partenaire, victime d’une mauvaise manipulation d’arme en pleine battue.
À Koulamoutou, un homme a été grièvement blessé, pris à tort pour un singe dans l’obscurité.
Et à Ndéndé, un chasseur chevronné a succombé à la charge d’un buffle qu’il croyait avoir abattu.
Ces drames mettent en lumière les lacunes persistantes dans la sécurité des pratiques cynégétiques et la méconnaissance des gestes essentiels de prudence.
Le gouvernement gabonais a pourtant renforcé le cadre légal en novembre 2023, en modifiant le Code forestier :
La chasse est désormais réservée aux détenteurs de permis officiels délivrés par les Eaux et forêts.
Elle est interdite dans les aires protégées, avec des peines allant jusqu’à six mois de prison et dix millions de FCFA d’amende.
Plusieurs pratiques sont bannies : fusils fixes, appâts empoisonnés, battues au feu, entre autres.
Mais dans de nombreuses zones rurales, les pratiques coutumières prévalent encore, souvent au détriment des consignes de sécurité et du respect des nouvelles normes.
Face à cette recrudescence d’accidents, des solutions doivent être envisagées :
Former systématiquement les chasseurs à la manipulation des armes et aux règles élémentaires de sécurité.
Contrôler les permis et les armes utilisées lors des expéditions.
Sensibiliser les communautés rurales sur les dangers et les réformes en vigueur.
Intégrer des outils modernes comme les GPS, radios ou lampes thermiques pour mieux organiser les battues.
La perte de Guillaume Mouhoumbou, pilier de son village et mémoire vivante de ses traditions, bouleverse Moupia et pose une question essentielle : comment préserver les traditions cynégétiques tout en assurant la sécurité des chasseurs? Le drame de Moupia n’est pas seulement un fait divers, il doit marquer un tournant dans la pratique de la chasse au Gabon.


























