Le mardi 24 juin 2025, une délégation du comité de suivi des stations de pesage et de péage, conduite par Raphaël Onfourougou, Conseiller Technique auprès du Ministre des Travaux Publics et de la Construction, Edgard Moukoumbi, a effectué une descente sur le site de Bifoun. En présence des responsables de la société Aria Holding, en charge de l’exécution technique du projet, cette mission a salué l’avancée des travaux d’une infrastructure désormais érigée en pierre angulaire de la politique nationale d’entretien routier.
Ce projet de Bifoun, initié en janvier 2024 par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, incarne une volonté assumée de souveraineté budgétaire et opérationnelle en matière d’infrastructures. Portée par un socle juridique rigoureux – la loi 13-23 et le décret 289 – la réforme s’attache à ériger les stations de pesage en instruments autonomes de collecte de ressources, destinées à financer durablement l’entretien du réseau routier, hors du prisme des dépendances financières extérieures.
Bifoun, l’un des cinq sites prioritaires retenus, illustre cette ambition stratégique. En phase d’installation d’une structure semi-fixe, ce site servira de laboratoire opérationnel avant l’édification d’une station de pesage fixe. Une période de transition débutera à la mi-juillet, marquée par une taxation à blanc – phase de simulation sans transaction financière – permettant aux transporteurs et autres usagers de se familiariser avec le dispositif. L’entrée en vigueur effective de la taxation est prévue pour le mois d’août 2025.
L’exécution du chantier, sous maîtrise d’œuvre d’Aria Holding, a nécessité d’importants ajustements techniques, notamment en ce qui concerne l’implantation de la fibre optique, indispensable au fonctionnement de la plateforme numérique dédiée. Cette dernière assurera une gestion centralisée, traçable et sécurisée des recettes, lesquelles seront reversées directement au Fonds autonome national d’entretien routier (FANER), balayant ainsi les lourdeurs liées à l’emprunt public et aux financements conditionnels.
Dans une logique d’optimisation intersectorielle, le gouvernement entend instituer un comité interministériel regroupant l’ensemble des administrations concernées, afin de garantir une coordination fluide, transversale et efficace. Parallèlement, des brigades mobiles seront déployées sur le terrain pour veiller au strict respect des normes en vigueur, notamment en matière de surcharge, facteur majeur de dégradation accélérée du patrimoine routier. Des sanctions exemplaires sont prévues, tandis que des campagnes de sensibilisation accompagneront cette réforme pour renforcer l’adhésion des acteurs du transport et favoriser une transition sans heurts.
À travers ce projet, l’État gabonais amorce un virage structurel vers une gouvernance infrastructurelle plus rigoureuse, transparente et autonome, érigeant la station de pesage de Bifoun en symbole d’un nouvel ordre économique axé sur la maîtrise de ses leviers de financement et l’efficacité de son action publique.
Par Darlyck Ornel Angwe, journaliste stagiaire

























