Le Conseil des ministres du 20 juin 2025 a mis fin à un feuilleton de plus en plus nauséabond pour l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) : Ruphin Ndjambou, directeur général contesté, a été limogé. Une éviction qui sonne comme la sanction d’un échec trop longtemps toléré, celui d’un gestionnaire dont l’assurance n’avait d’égale que son incompétence.
Dès sa nomination le 8 novembre 2023, les esprits avertis s’étaient inquiétés : comment confier les clés d’un organe aussi stratégique à un homme déjà engagé dans des conflits d’intérêts manifestes, propriétaire d’un établissement privé d’enseignement supérieur ? Cette contradiction criante fut balayée d’un revers de main, dans un silence complice. L’histoire a, depuis, confirmé les craintes.
Sous la férule de Ruphin Ndjambou, la gestion des bourses a viré à la débâcle. Retards chroniques, favoritisme à peine voilé, absence de transparence : tout y était. Mais plus que les ratés administratifs, c’est l’attitude hautaine du dirigeant qui a cristallisé la colère des étudiants. Qualifiés de “pleurnicheurs” à mots couverts, leurs revendications furent systématiquement ignorées. Le dialogue social ? Un concept visiblement trop subtil pour ce gestionnaire imbu de sa fonction.
Les étudiants, pris à la gorge par des mois d’attente et de mépris, ont fini par riposter. Une pétition nationale a recueilli des milliers de signatures. Un cri collectif contre une gestion technocratique déconnectée, devenue insoutenable. Ruphin Ndjambou, dans un ultime réflexe d’arrogance, s’est réfugié derrière des articles de presse à peine dissimulés, accusant un prétendu complot. Las, le mal était fait.
Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a fini par trancher. L’éviction de Ndjambou a été actée sans détour, dans un geste qui marque peut-être un tournant vers une culture du mérite. À sa place, Paule Élisabeth Désirée Mboumba Lassy, une technocrate issue de l’Institut de l’Économie et des Finances, a été nommée. Sobriété, compétence et rigueur : tout ce qui manquait à son prédécesseur.
Mais au-delà du cas Ndjambou, c’est un système de nominations fondées sur la proximité et non la compétence qu’il faut interroger. Le vrai scandale n’est pas un homme, mais la mécanique qui l’a porté au sommet. Comme le rappelle notre confrère de Topinfosgabon, « l’éjecté d’hier devient le nommé de demain ». Ndjambou le sait, il reviendra, probablement à l’ombre d’un décret.
Le chef de l’État devrait faire peser le mérite et la compétence car un manager des entités publiques a des faits d’armes. Le népotisme ne doit pas être un critère de nomination que chacun sache occuper la place qui est la sienne car à la fin c’est le chef de l’Etat qui rendra des comptes aux Gabonais, pas les parents.


























