Le développement des routes du Gabon peine à suivre les ambitions affichées par les autorités. Des axes cruciaux, censés faciliter les déplacements et dynamiser l’économie, sont laissés dans un état préoccupant. Des travaux annoncés, mais rarement achevés, des financements débloqués, mais dont les résultats peinent à se matérialiser. La population, excédée, n’hésite plus à exprimer son mécontentement, comme en témoigne la récente mobilisation sur le pont d’Ebel-Abanga, ce lundi 9 juin 2025.
Des chantiers interminables et une gestion opaque
Parmi les tronçons les plus affectés figure l’axe Bifoun-Ndjolé, un segment de 56 km dont la réhabilitation traîne depuis des mois. L’entreprise en charge des travaux, Sogea-Satom, avait reçu une avance de 8 milliards de francs CFA en décembre 2023. Pourtant, seulement 13 % du chantier a été réalisé en près d’un an, un retard injustifiable pour une route aussi stratégique.
Les plus hautes autorités ont très souvent exprimé leur mécontentement, allant jusqu’à envisager une rupture des contrats avec les entreprises. Cependant : comment expliquer ces lenteurs généralisées ?
Des routes essentielles du Gabon, comme l’axe Bifoun-Lambaréné et le tronçon Libreville-Ntoum, connaissent les mêmes blocages. Qu’il s’agisse de financements mal gérés, d’un manque de rigueur dans l’attribution des marchés ou encore de défaillances techniques, le constat est amer : le réseau routier gabonais reste largement insuffisant et dangereux.
Les usagers fatigués de subir
Face à cette inertie, la population ne cache plus sa frustration. À Ebel-Abanga, les habitants ont récemment bloqué la route nationale n°1 pour dénoncer l’arrêt des travaux et exiger une reprise immédiate. Une action qui reflète une colère profonde, portée par des citoyens excédés par les promesses non tenues.
Les conséquences de cette paralysie sont bien réelles :
Un ralentissement économique, impactant les échanges commerciaux et les déplacements.
Une hausse des coûts de transport, les routes impraticables augmentant la consommation de carburant et les besoins en réparation des véhicules.
Un danger pour les usagers, contraints de rouler sur des chaussées dégradées, favorisant les accidents.
Quelles solutions pour sortir de l’impasse ?
Le gouvernement, sous pression, doit impérativement agir avec fermeté. La résiliation des contrats avec les entreprises incapables de respecter les délais est une option évoquée. Mais cela suffira-t-il ?
Au-delà des mesures punitives, une réforme profonde de la gestion des infrastructures routières s’impose. Cela inclut :
Une transparence accrue sur l’attribution et l’utilisation des financements.
Un suivi rigoureux des chantiers pour éviter ces retards récurrents.
Un engagement fort des autorités, afin que ces projets soient réellement prioritaires, et non relégués à de simples annonces électorales.
En attendant des actions concrètes, les Gabonais restent prisonniers d’un réseau routier vétuste, et leur exaspération ne fait que grandir. Le pays ne peut continuer à avancer à une vitesse de limace sur des enjeux aussi cruciaux. Il est temps que les promesses se traduisent enfin en résultats visibles et durables.

























