Le premier Conseil des ministres de la Ve République gabonaise n’a pas seulement redéfini des postes ; il a redessiné une vision. Dans le grand théâtre de la Présidence, un changement majeur s’est opéré dans les coulisses de la communication : Patricia Lydie Mouellet Bassissa, ancienne figure emblématique de Gabon 1ère, prend désormais les rênes du département Communication, succédant à Télesphore Obame Ngomo.
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Cette nomination n’est pas un simple ajustement technique. C’est un tournant stratégique, un choix symbolique. Car en elle, se conjuguent expertise journalistique, connaissance fine du paysage médiatique et capacité à dialoguer avec les sphères du pouvoir comme avec la presse. De ses débuts dans la presse privée à la direction de l’information du média public, son parcours est une ascension patiente, mais constante – une marche gravie à force de rigueur et de clairvoyance.
Ce remplacement survient dans un contexte où l’image présidentielle s’est récemment trouvée ébranlée. Un incident, la mauvaise qualité des photos, mal géré lors des vœux du chef de l’État, relayé abondamment, aurait précipité le départ de son prédécesseur. Mais au-delà d’un seul faux pas, c’est toute une gestion jugée clanique et brouillonne qui est aujourd’hui remise en question. La communication présidentielle, perçue comme une chasse gardée, s’était éloignée de sa mission première : informer, rassembler, inspirer.
Patricia Lydie Mouellet et son équipe auront donc la tâche délicate – mais exaltante – de retisser les fils fragilisés entre la Présidence et les médias. Redonner voix à la presse nationale, souvent tenue à l’écart, revient à restaurer la confiance, à réconcilier le pouvoir avec le regard critique qu’exige toute démocratie. Elle saura, à n’en pas douter, faire le pont entre l’autorité de l’État et la liberté du 4ᵉ pouvoir.
Enfin, cette nomination revêt une portée symbolique forte : pour la première fois, une femme accède à ce poste stratégique. Signal clair envoyé aux femmes gabonaises : la République ne leur ferme plus ses portes, elle les invite à en tenir les clefs.


























