En ce samedi 12 avril 2025, le Gabon a entamé un nouveau chapitre de son histoire démocratique avec l’ouverture, dès 7h30, des bureaux de vote sur l’ensemble du territoire national à l’occasion de la présidentielle. Contrairement aux précédents scrutins de 2016 et 2023 marqués par des tensions et des contestations, le climat qui a prévalu durant cette journée électorale s’est révélé remarquablement serein. Une affluence notable, doublée d’un déroulement ordonné du processus, témoigne d’une volonté populaire d’ancrer les pratiques électorales dans la paix et la maturité démocratique.
Les témoignages recueillis par Gabon Mail Infos dans la capitale, Libreville, confirment ce sentiment d’apaisement. Grâce Nzaou Bouroubou, électrice rencontrée à la sortie du centre de vote du Lycée d’Application Nelson Mandela, confie : « En 2016, il y avait un peu plus de tension. On voyait un choix dur à faire entre Ping et Ali. Il y avait quand même match ». Comparant les contextes électoraux, elle souligne un changement notable d’attitude : « Aujourd’hui, c’est plié, pas du fait des autorités mais des électeurs qui ont voulu que leur candidat soit bien vu ».
Ce commentaire, lucide et pragmatique, reflète une perception largement partagée : celle d’un scrutin dont l’issue semble découler davantage de la volonté citoyenne que de manœuvres institutionnelles.

Même son de cloche chez Dany Ntsaga, également interrogé au même centre : « C’est beaucoup plus calme par rapport aux élections précédentes. Il y a une forte expression de paix ». Ces mots simples mais chargés de sens traduisent une atmosphère nouvelle, empreinte de responsabilité collective et de respect du jeu démocratique.
Au Lycée Ndjoué Dabany, situé dans le 6ᵉ arrondissement de Libreville, Armel Mbadinga, citoyen venu accomplir son devoir civique en début d’après-midi, confirme cette dynamique vertueuse : « Ça se passe dans de bonnes conditions, apaisées, plus claires et transparentes que l’édition précédente. Je suis venu voter aux alentours de 15h, j’ai bien vu que l’urne dans laquelle j’ai procédé à mon acte citoyen est pleine. Cela veut dire que plusieurs personnes sont venues, sont passées avant moi. Il n’y a pas de bousculades ». Évoquant le scrutin de 2023, il rappelle que « tout avait commencé très tard, il manquait des bulletins et il y avait quelques anomalies ».

Ainsi, cette journée électorale constitue pour le Gabon un signal fort : celui d’une transition politique menée dans le calme, portée par un électorat engagé et conscient. « La démocratie se bâtit dans les urnes, mais aussi dans les comportements », écrivait l’essayiste sénégalais Boubacar Boris Diop. En ce 12 avril 2025, les Gabonais semblent avoir fait de cette maxime une réalité tangible.

























