À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2025, un candidat fait sensation par l’audace de son programme. Joseph Lapensée Essingone ambitionne ni plus ni moins que de fusionner le Gabon et la Guinée équatoriale en un seul État. Ce projet, qu’il présente comme une réponse aux divisions héritées de la colonisation, suscite autant d’intérêt que de scepticisme.
Selon Lapensée Essingone, la séparation actuelle entre les deux nations résulte d’un découpage arbitraire imposé par les puissances coloniales. Il estime que ces frontières sont devenues obsolètes à l’heure de la mondialisation et que les deux pays, partageant une histoire commune, gagneraient à unir leurs forces. « Ce sont les mêmes peuples, les mêmes ressources, un même destin entravé par une ligne artificielle », affirme-t-il dans son projet de société.
Pour illustrer la faisabilité de cette fusion, il avance des chiffres frappants. Avec une superficie de 267 667 km² pour le Gabon et 28 051 km² pour la Guinée équatoriale, l’ensemble atteindrait près de 300 000 km². En termes de population, la fusion ne donnerait naissance qu’à un pays à peine plus peuplé que la ville de Douala, mais doté d’importantes ressources naturelles, notamment pétrolières. L’objectif affiché est de créer une puissance économique régionale capable de peser davantage sur la scène africaine.
Toutefois, transformer ce rêve en réalité s’annonce complexe. Au-delà des discours, il faut convaincre les citoyens des deux pays, mais aussi surmonter des obstacles politiques majeurs. La Guinée équatoriale, forte de ses propres ambitions régionales, accepterait-elle d’abandonner sa souveraineté ? Le différend territorial autour de l’île Mbanié ne risque-t-il pas de refroidir une telle union ?
L’idée de dépasser les frontières héritées de la colonisation n’est pas nouvelle, mais son application concrète pose de nombreuses questions. Les ressources naturelles seraient-elles équitablement partagées ? Comment harmoniser deux systèmes politiques distincts ? Et surtout, une telle transformation pourrait-elle être réalisée en un seul mandat présidentiel ?
Le projet de Joseph Lapensée Essingone intrigue, fascine et divise. Si certains y voient une vision audacieuse pour l’avenir du Gabon et de la sous-région, d’autres y discernent une utopie difficilement réalisable. Seul l’avenir dira si son ambition marquera un tournant historique ou si elle restera un simple rêve électoral.











































