L’organisation internationale défendant la liberté de la presse dans le monde, Reporters sans frontières (RSF), a rendu public ce mardi 20 avril 2021 son rapport annuel des 180 pays observés. Le Gabon a gagné 4 points pour 2021 et se situe au 117e rang mondial. Toutefois, la Haute autorité de la communication (Hac) a été épinglée comme le « blocage majeur de la presse gabonaise » et le leadership d’Edgard Anicet Mboumbou Miyakou a été félicité.
L’organisation de la défense de la liberté de la presse dans le monde tire encore la sonnette d’arlarme quant à l’exercice du métier de journaliste. Pour elle « l’exercice du journalisme, principal vaccin contre le virus de la désinformation, est gravement entravé dans 73 des 180 Etats du Classement établi par RSF et restreint dans 59 autres, soit au total 73 % des pays évalués », a-t-elle regretté.
Ainsi, l’organisation souligne une relative amélioration des choses cette année. Il y a des «signaux encourageants» lancés en 2020. Parmi ces éléments encourageants, il y a «l’octroi d’une aide à la presse répartie de manière plus équitable et un dialogue plus ouvert entre autorités et professionnels du secteur», a-t-elle souligné.
Cependant, RSF n’a pas raté de rappeler l’érosion de la liberté de la presse pendant plusieurs années. «Des journalistes continuent à faire l’objet d’intimidations, notamment à travers des convocations par des services de sécurité relevant du renseignement ou de l’armée», a rappelé l’organisation.
Elle a poursuivi son propos en relevant les efforts marqués lors de l’introduction du code de la communication de 2016 parce qu’il «a permis une avancée majeure en mettant fin aux peines privatives de liberté pour des délits de presse, (il) prévoit des mesures d’encadrement autoritaires concernant non seulement la presse, mais aussi toute la production audiovisuelle, écrite, numérique et cinématographique», a-t-elle reconnu.
Pour faire porter davantage le chapeau à la Hac, RSF estime que depuis 2018 l’Autorité de régulation « a multiplié des sanctions arbitraires ».
Par ailleurs, RSF enfonce le clou dans son rapport sur le Gabon. «Les médias et les journalistes publiant des articles critiquant le président, son entourage ou des proches du pouvoir ont subi des suspensions à répétition qui n’ont d’autre but que de protéger les intérêts du régime. L’organe de régulation est allé jusqu’à suspendre un journal qui dénonçait justement le caractère arbitraire de ces sanctions systématiques», révèle Reporter sans frontière.
Le leadership et le management du ministre de la Communication Edgar Anicet Mboumbou Miyakou sont appréciés par une large partie des médias. Or, il se susurre qu’il pourrait partir pour un autre ministère au grand dam des journalistes.

























