Face à une crise énergétique sans précédent, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) est confrontée à un défi colossal : moderniser des infrastructures obsolètes, certaines datant de plus de cinquante ans. Un audit réalisé en 2019 par EDF pour la SEEG a révélé qu’une facture d’un montant de 475 milliards de FCFA serait nécessaire pour combler le retard d’investissement.
Dans un entretien accordé au journal L’Union, Steeve Saurel Legnongo, Administrateur provisoire de la SEEG, a clarifié le coût des solutions d’urgence mises en place pour pallier les délestages dans le Grand Libreville. Contrairement aux spéculations évoquant un montant de 15 milliards de FCFA, il précise que « la SEEG réglera un montant mensuel de 1,8 milliard de francs CFA pour la fourniture de 70 MW », via une centrale flottante opérée par la société turque Karpowership.
Si cette solution apporte un soulagement immédiat, elle ne constitue qu’un palliatif. « Aucun investissement structurant n’a été réalisé ces vingt dernières années, alors même que les besoins en consommation énergétique ont pratiquement doublé entre 2010 et 2024 », souligne-t-il.
L’accord signé le 15 février 2025 prévoit une répartition des responsabilités : « L’État gabonais prendra en charge la fourniture du fuel, et KPS s’est engagé à passer à un fonctionnement au gaz naturel dans un délai de deux mois », précise Steeve Saurel Legnongo.
Outre cette mesure d’urgence, la SEEG poursuit des travaux de renforcement du réseau électrique, notamment avec l’installation du câble ACCC, un conducteur en fibre carbone qui « augmentera la capacité de transit de puissance de la ligne Haute Tension sur le tronçon 90 kV Owendo-Bisségué ».
Sur le long terme, un projet de centrale terrestre de 150 MW en joint-venture est à l’étude. « Nous travaillons sur un projet BOOT (Build, Own, Operate, Transfer) qui permettrait une production plus stable et durable », annonce-t-il.
L’Administrateur provisoire reste toutefois lucide sur l’ampleur du défi : « Le parc actuel est vétuste, avec une moyenne d’âge de 30 ans pour les groupes thermiques et de 50 ans pour les groupes hydroélectriques ». La SEEG prévoit ainsi l’acquisition d’équipements lourds en 2025 pour tenter de redresser la situation et offrir une alimentation électrique plus fiable aux populations du Grand Libreville.
En tout état de cause, l’État devra assumer une dépense dont la facture est de 475 milliards de FCFA destinée à optimiser le fonctionnement de la SEEG, somme qui pourra être échelonnée sur une période inférieure à cinq ans.

























