L’année 2025 s’annonce complexe pour la compagnie pétrolière nationale gabonaise Gabon Oil Company (GOC). Les actifs préemptés en 2024 auprès du fonds américain Carlyle, dans le cadre d’un rachat stratégique, voient leur rendement s’éroder plus rapidement que prévu. « Les six permis rachetés à Assala Energy produiront en 2025 près de 823 000 barils de moins que l’année précédente », rapporte Africa Intelligence, citant des estimations internes à la GOC.
Cette chute de production affectera notamment les blocs Rabi Kounga II, Toucan II, Bende M’Bassou Totou II, Koula/Damier, Gamba/Ivinga et Atora II. La production quotidienne devrait ainsi passer de 45 750 barils en 2024 à 43 560 barils en 2025, selon les données obtenues par le même média. Cette tendance décline depuis la cession des actifs par Shell à Assala Energy en 2017, et pose aujourd’hui la question de la capacité de Gabon Oil Company à stabiliser ces champs.
Un financement sous contrainte
L’achat des actifs d’Assala Energy a été financé grâce à un prêt contracté auprès du trader genevois Gunvor. « Gunvor récupérera son investissement en vendant la totalité des barils issus de ces actifs », explique Africa Intelligence. L’accord a été conclu sur la base d’un prix du baril oscillant entre 65 et 70 dollars. Toutefois, si la production continue de fléchir, Gunvor pourrait devoir réévaluer ses modalités de remboursement à l’horizon 2027-2028.
Avant la conclusion de cet accord, d’autres négociants, tels que Vitol et le tandem Trafigura-BP, avaient exprimé leur intérêt pour un financement, mais à la condition qu’un opérateur aguerri soit désigné pour piloter ces actifs. Or, contrairement à ses concurrents, Gunvor n’a pas exigé un tel partenariat, facilitant ainsi l’ambition de Marcellin Simba Ngabi, directeur général de la GOC, qui souhaite faire de l’entreprise un acteur majeur du pétrole gabonais.
Une transition managériale délicate
Depuis la préemption des actifs, Gabon Oil Company peine à structurer son encadrement. « La quasi-totalité des cadres d’Assala Energy, y compris son directeur général David Roux, ont quitté leurs fonctions immédiatement après le rachat », note Africa Intelligence. Une nouvelle équipe de direction devait être recrutée, mais les nominations tardent, y compris celle du futur directeur général.
Sur le terrain, c’est Edgar Mba Ognane Nguema, ancien de Shell et d’Assala Energy, qui assure l’intérim. Toutefois, le départ massif des anciens cadres soulève des inquiétudes sur la continuité opérationnelle.
Un enjeu politique en toile de fond
Cette situation complexe intervient dans un contexte politique particulier. « Brice Clotaire Oligui Nguema, candidat aux élections d’avril 2025, entend capitaliser sur cette préemption pour consolider son image de bâtisseur du Gabon post-Ali Bongo », rappelle Africa Intelligence. Toutefois, la baisse annoncée de la production pétrolifère pourrait ternir ce narratif, surtout si Gabon Oil Company peine à prouver sa capacité à gérer ces actifs sur le long terme.












































